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GérontoLiberté

Euthanasie et suicide assisté

29 Mars 2013, 09:34am

Publié par Auguste

Nous, médecins, sommes bien placés, sous la double pression de la souffrance des familles (même si la personne concernée ne semble pas souffrir) et des impératifs économiques (même si des efforts sont faits, voire des économies injustifiées), pour nous interroger sur les modifications prévues de la loi.

Dans un système globalisé qui a dérivé depuis 20 à 30 ans vers la rentabilité à tous prix dans tous les domaines, le vieux malade chronique a tout faux. Heureusement, ce diagnostic est de plus en plus partagé. Heureusement que l'on peut désormais écrire ou parler de ceci sans être suspect de négativité ou d'archaïsme.

Le moindre des paradoxes n'est pas celui-ci : ce sont ceux qui sont les plus sévères avec le système socio-économique actuel qui, n'établissant pas le lien avec "l'inutilité" des vieux dans la logique du moment, proposent à pas comptés l'accès à des solutions radicales en lieu et place d'un accompagnement de qualité. Leur embarras évident (écouter par exemple le Pr Sicard dans ses longues interviews, voir la proposition 21 du candidat devenu président) est le seul élément qui me rassure un peu.

La raison du plus fort

28 Mars 2013, 09:29am

Publié par Auguste

Enfermer ou ne pas enfermer ? Contenir ou ne pas contenir ? En pratique, l'institution d’hébergement pour personnes âgées est soumise à la pression des directives édictées par la famille du résident. Comme autrefois quand cette dernière pouvait se comporter à sa guise dans l'intimité de la maison commune. Cette situation est particulièrement fréquente si la personne âgée n’est plus en mesure de comprendre et de s’exprimer.

Sauf que l'éthique soignante ne l'entend pas ainsi : c’est la raison de la collectivité contre la raison de la famille.

Mais comme rien n'a changé depuis La Fontaine, la raison du plus fort demeure celle qui peut prévaloir. Soit les places en institution sont peu disponibles et l'opinion des soignants peut l'emporter. Soit l'institution cherche des clients. Alors il vaut mieux faire plaisir - ou au moins ne pas contrarier - le vrai payeur : la famille.

Ces constats qui nous semblent banals sont en fait mal connus du grand public qui n'est pas préparé, surtout par déni, à de telles éventualités. Un immense champ de travail pour les générations à venir.

A moins que l'on ne se bouche les yeux et les oreilles. Un éminent intervenant dans un récent congrès, non contredit par la salle, prévoyait la disparition des EHPAD dans 50 ans. On peut rêver. Surtout si les structures et objectifs de la famille et de la société ne changent pas radicalement.