Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

GérontoLiberté

Mourir après l’heure ? Doit-on retarder la mort ?

29 Janvier 2014, 11:43am

Publié par Papi

Mourir après l’heure ? Doit-on retarder la mort ?

Daniel Callahan, haut responsable d’organismes de santé aux Etats-Unis a commenté le projet de recherche de Google visant à prolonger (presque) indéfiniment notre espérance de vie. Voici résumé l’essentiel de son article.

L’allongement de notre espérance de vie moyenne s’explique surtout par la diminution de la mortalité infantile. Certes la recherche sur la réparation des gènes défectueux, l’échange standard de certains organes peuvent déboucher sur des applications pratiques, mais il ne faut pas espérer d’avancées aussi marquantes que celles du siècle dernier.

On doit noter que si la médecine moderne maintient en vie les personnes âgées atteintes de maladies chroniques le coût est élevé pour la société. 10% de la population américaine consomme 80% des dépenses de santé, affectées principalement aux maladies chroniques et aux soins de fin de vie. Il est historiquement démontré que, plus on vieillit, plus les coûts des soins explosent. Cette progression pourra-t-elle se prolonger à l’infini ?

Il ne faut pas se leurrer : le ralentissement du vieillissement ne va pas venir contrecarrer cette progression des dépenses. Le corps humain n’a pas été conçu sans défauts, il n’a pas non plus été conçu pour durer indéfiniment.

Par ailleurs, une prolongation importante de la durée de vie est-elle souhaitable ? Qui paierait les retraites, les soins médicaux ? Quand les jeunes pourraient-ils entrer sur le marché du travail ? Les personnes âgées sont censées apporter la sagesse, mais en avons-nous la preuve dans notre société ?

Contentons-nous d’espérer que les progrès de la science permettront aux jeunes de devenir vieux. Rien ne nous oblige à permettre aux vieux de durer indéfiniment, tout au contraire nous avons l’obligation de permettre à la mort d’entrer en scène.

La publication de cet article a déclenché un certain nombre de réactions parmi les gériatres américains. En voici un résumé :

La recherche médicale ne promet pas l’immortalité et ne cherche pas à prolonger la vie des personnes malades. En retardant le vieillissement elle retardera l’apparition de maladies chroniques coûteuses à soigner. La vie active sera prolongée. Les pensions de retraite étant versées plus tard le coût sera supportable.

Une médecine axée sur la prévention diminuera fortement le coût des maladies chroniques. Elle doit être encouragée. Ce sera une grande révolution dans les années à venir, on ne doit pas la craindre mais l’encourager, une population âgée en bonne santé est un atout précieux pour la société.

Sources

http://www.nytimes.com/2013/12/01/opinion/sunday/on-dying-after-your-time.html?emc=edit_tnt_20131130&tntemail0=y&_r=0

Daniel Callahan est le président émérite du "Hastings Center" et co-directeur du "Yale-Hastings Program in Ethics and Health Policy".

Voir aussi sur ce site l’article du Time http://free.geriatrics.overblog.com/2013/10/google-supprimera-t-il-la-mort.html

Comment reconnaître la fragilité physique, comment réagir ?

25 Janvier 2014, 17:06pm

Publié par Papi

Trop peu de médecins, à l’exception des gériatres, chercheraient à diagnostiquer les cas de fragilité physique alors que 5% des personnes de plus de 70 ans sont touchées, en particulier les femmes qui ont une espérance de vie plus longue.

Le Dr J. Morley, professeur de gériatrie à l’université de Saint Louis, Etats-Unis a publié ce mois-ci dans The Journal of the American Medical Directors Association, un questionnaire qui pourrait permettre à un soignant de détecter un risque de fragilité physique :

- Vous sentez vous fatigué ?

- Avez-vous du mal pour monter un étage ?

- Pouvez-vous marcher plus de 200 mètres ?

- Souffrez-vous de plus de 5 maladies ?

- Avez-vous perdu plus de 5% de votre poids au cours des 6 derniers mois ?

A partir de 3 réponses affirmatives un examen médical est justifié d'après cet auteur.

Il pourra s’ensuivre une surveillance de l’alimentation, une diminution du nombre de médicaments prescrits, un traitement médical approprié et une prescription d’exercices visant à conserver un bon degré d’énergie physique.

En voici deux de très simples, à pratiquer quotidiennement :

- Marcher de 10 à 15 minutes, plus vite qu’un chien.

- Prendre deux boites à conserve d’un litre (pleines! ) et les soulever dans toutes les directions pendant 5 minutes.

Prévention :

Un soignant vigilant pourra faire accepter certaines formes de prévention :

- Suggérer une activité physique quotidienne (marche, assouplissements, poids à soulever).

- Ne pas négliger les activités intellectuelles : mots croisés, sodokus, jeux en société, conversations, visites.

- Reconnaître des signes de dépression éventuels et informer le médecin.

- Veiller à ce que l’alimentation soit équilibrée, avec une quantité suffisante de protéines pour maintenir la masse musculaire, des fruits, des légumes, des fibres et une boisson abondante.

Sources

Un article du New York Times : http://newoldage.blogs.nytimes.com/2013/06/21/learning-to-spot-frailty/?emc=tnt&tntemail0=y

et pour aller (beaucoup) plus loin :

http://jama.jamanetwork.com/article.aspx?articleid=204046

Frailty in Older Adults JAMA. 2006;296(18):2280. doi:10.1001/jama.296.18.2280

http://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S1525861013001825

Journal of the American Medical Directors Association Volume 14, Issue 6, June 2013, Pages 392–397

Ajout de Bernard Pradines :

A noter que les définitions de la fragilité varient selon les pays. Dans tous les cas, cet état intéresse toutes les personnes concernées, leur entourage et les soignants dans la mesure où il est une porte d'entrée supposée vers la dépendance.

Je soigne un proche et je suis à bout

23 Janvier 2014, 11:57am

Publié par Papi

Le burn-out ne touche pas que les cadres d’entreprise surmenés. Les personnes qui soignent un de leurs proches peuvent aussi en être des victimes. Paula Spencer Smith a relevé sur son blog 10 signes qui doivent alerter : http://www.caring.com/articles/when-you-care-too-much

1 – Vous utilisez souvent les mots « toujours » et « jamais ».

« J’ai promis à maman qu’elle n’irait jamais en maison de retraite. Je ne suis pas libre parce que c’est toujours moi qui la fais manger ».

Etre trop rigide peut entrainer un burnout.

2 – Vos amis semblent vous ignorer.

Ne les avez-vous pas découragés en ne leur parlant que de vos problèmes et de vos soucis ? Ils ont pu en conclure que vous ne vous intéressiez pas à eux.

La vie en société n’est pas une voie à sens unique.

3 –La dernière fois que je me suis senti(e) bien c’était…

Soigner une personne âgée peut être pénible, mais dans la vie de tous les jours il doit y avoir des moments agréables.

Une journée ne doit jamais être totalement grise.

4 – Tout le monde s’attend à ce que vous assumiez.

Toute la responsabilité du malade a été placée sur vos épaules, avec ou sans votre consentement.

Vous serez exploitée au maximum tant que vous ne réagirez pas.

5 – Vous avez pris du poids, vous n’êtes pas en forme

Attention danger. Vous accordez toute votre attention au malade et plus suffisamment à votre personne.

Si vous n’aimez pas ce que vous voyez quand vous êtes devant un miroir ou ce que vous dit votre docteur, autorisez- vous à être égoïste et à vous occuper de vous.

6 – De quand date votre dernière sortie ?

Vous n’arrivez pas à vous en souvenir ? Il est urgent d’aller passer un weekend en dehors de chez vous.

Inutile d’aller à Tahiti. Allez passer une nuit chez une amie ou à l’hôtel dans un lieu touristique proche.

Accordez-vous une pause de temps à autre.

7 – Toutes vos conversations portent sur les soins que vous dispensez ?

C’est un signe d’alerte, Toutes vos préoccupations sont centrées sur un seul sujet.

Diversifiez !

8- Vous n’avez aucune activité distrayante.

Inutile de vous mettre à collectionner des timbres. Mais vous pouvez lire, vous inscrire à une bibliothèque, adhérer à une association, aller au cinéma.

Si vous sortez de chez vous c’est un plus.

9 - Vous n’avez pas une nuit de bon sommeil.

Acceptable de temps à autre mais ne doit jamais devenir la règle.

Dormir convenablement est impératif.

10 – Vous avez peur de vous réveiller le matin.

Vous vous sentez impuissante, déprimée ; votre corps réclame de l’aide.

Vous pouvez être la plus généreuse des personnes, la moins égoïste, personne ne peut supporter seul une vie épuisante jour après jour, année après année.

Trois de ces signaux sont des feux clignotants en ce qui vous concerne ? Félicitations, vous venez de faire le premier pas. Vous reconnaissez que vous avez un problème et qu’il faut trouver une solution. Vous le valez bien !

Source : http://www.caring.com/blogs/caring-currents/7-things-to-do-when-stressed?utm_medium=email&utm_source=suggests&utm_content=20130530

Source de l'image : http://www.alzheimer-conseil.fr/blog-maison-de-retraite/2009/07/alzheimer-le-temoignage-d%E2%80%99un-aidant/

Source de l'image : http://www.alzheimer-conseil.fr/blog-maison-de-retraite/2009/07/alzheimer-le-temoignage-d%E2%80%99un-aidant/