Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

GérontoLiberté

Directives anticipées aux USA, (« advance directives »), portée et limites

28 Avril 2015, 07:31am

Publié par Papi

Aux Etats-Unis, alors que dans leur majorité les directives anticipées interdisent principalement la réanimation cardio-pulmonaire, certaines vont beaucoup plus loin, jusqu’au refus de toute forme d’alimentation et d’hydratation en cas de démence dont la maladie d’Alzheimer.

Cette situation soulève de nombreux problèmes d’ordre éthique, médical, religieux et législatif. Une démence évolue sur une longue période, pendant plusieurs années et la loi interdit de débrancher un appareil ou d’interrompre un traitement particulier. Six Etats américains autorisent la prescription de substances mortelles à des malades en phase terminale mais ceux-ci doivent avoir conservé leurs facultés intellectuelles et être capables d’ingérer le produit sans aucune aide extérieure (suicide assisté).

Par ailleurs, alimenter un patient fait partie des soins de base, tout comme sa toilette; ne pas les effectuer peut être considéré comme une forme de maltraitance. En France aussi, le débat est ouvert pour qualifier  l’alimentation en fin de vie : est-ce un soin de base ou est-ce une  thérapeutique ? La question est d’autant plus importante qu'elle  conditionnera les attitudes actives de manière fort différente : négligence d'une part donc maltraitance, acharnement thérapeutique d'autre part donc obstination déraisonnable. 

L’auteur de l’article cite le cas d’une infirmière retraitée, âgée de 83 ans, atteinte de la maladie d’Alzheimer, qui avait bien spécifié qu’elle ne voulait recevoir ni nourriture ni liquide si elle perdait ses facultés intellectuelles. Son établissement d’accueil ayant refusé d’appliquer la directive, la famille a porté plainte. La Justice a considéré que, puisque la patiente avalait la nourriture qu’on lui introduisait dans la bouche, on devait continuer à l’alimenter. La famille a fait appel du jugement.

Sous l’angle de l’éthique et de la morale, le problème est encore plus complexe. Une personne en bonne santé mentale peut-elle affirmer que si un jour elle se retrouve démente, autrement dit déplacée dans un monde différent, elle sera dans une totale incapacité de connaitre de modestes plaisirs ?

Commentaires de Bernard Pradines

Ce texte fort intéressant appelle quelques commentaires. 

La loi aux USA, variable selon les états, n'est pas identique à la loi française.

La "petite loi", votée par l'Assemblée nationale française le 17 mars 2015 et en attente du Sénat, stipule :

« La nutrition et l’hydratation artificielles constituent un traitement. »

Il s’agit ici d’une avancée majeure dans la prise en considération du plus fréquent des acharnements thérapeutiques chez les personnes âgées : l’obstination alimentaire forcée. Or, la nutrition (terme  utilisé au lieu de celui d’alimentation) par la future loi et l’hydratation sont encore culturellement considérées comme des actes élémentaires de la vie quotidienne et non comme un soin susceptible de déboucher sur une obstination déraisonnable (termes corrects pour « acharnement thérapeutique »). 

Par ailleurs, si la loi aux USA « interdit de débrancher un appareil ou d’interrompre un traitement particulier »ce n’est pas le cas en France depuis la loi du 22 avril 2005. La loi en cours de vote en France en 2015 apporte de modifications qui renforcent cette dernière tendance. 

Par contre, la loi française n’autorise pas  « la prescription de substances mortelles à des malades en phase terminale » même si ceux-ci ont conservé leurs facultés intellectuelles et sont capables d’ingérer le produit sans aucune aide extérieure (suicide assisté).

Sources :

Complexities of Choosing an End Game for Dementia By PAULA SPAN JAN. 19, 2015, The New-York Tmes http://www.nytimes.com/2015/01/20/health/complexities-of-choosing-an-end-game-for-dementia.html?action=click&contentCollection=Science&region=Footer&module=MoreInSection&pgtype=article

Comfort Care for Terminally III Patients. The Appropriate Use of Nutrition and Hydration

Robert M. McCann, MD; William J. Hall, MD; Annmarie Groth-Juncker, MD

JAMA. 1994;272(16):1263-1266. doi:10.1001/jama.1994.03520160047041 October 26, 1994, Vol 272, No. 16 

http://jama.jamanetwork.com/article.aspx?articleid=381346

Des commentaires de haut niveau :

Can advance care directives ethically specify that oral feeding be withheld? http://www.medpagetoday.com/PublicHealthPolicy/Ethics/50068  

 Situation aux Etats-Unis :

More States Considering Right-to-Die Laws After Brittany Maynard Jan. 22, 2015

http://time.com/3678199/brittany-maynard-death-with-dignity-legislation-california/?xid=newsletter-brief  

Résultats résumés du questionnaire destiné aux lecteurs du blog GerontoLiberté en début 2015

24 Avril 2015, 10:11am

Publié par Bernard Pradines

Merci aux 17 personnes qui ont bien voulu répondre à notre questionnaire, le premier adressé à nos lecteurs après deux années d’activité.

 

  • 15 répondant(e)s sur 17 ont plus de 50 ans.

 

  • 16 répondant(e)s sont abonnés au blog.

 

  • 12 répondant(e)s le lisent chaque fois qu’un nouvel article est annoncé.

 

  • Les articles parus sont plutôt ou tout-à-fait satisfaisants pour 10 répondant(e)s, plutôt satisfaisants selon 7 autres.

 

  • La fréquence des articles (actuellement de deux par semaine le mardi et le vendredi) est à conserver selon 14 répondant(e)s.

 

  • La longueur des articles est correcte selon 13 répondant(e)s.

 

  • La gratuité du blog est à conserver selon 10 répondant(e)s mais la possibilité de verser une contribution libre pourrait être proposée selon les 7 autres.

 

  • Quand un article les a particulièrement intéressé(e)s, 14 répondant(e)s le communiquent à des tiers.

 

En conclusion les réponses laissent apparaître globalement un désir de stabilité du blog « GérontoLiberté ». On s’attachera toutefois aux propositions en texte libre présentes dans le compte-rendu complet en suivant le lien :

http://www.geriatrie-albi.fr/Depouillement_du_questionnaire_10-03-2015.pdf

 

 

 

 

Marcher c’est bien, courir, c’est mieux

21 Avril 2015, 08:10am

Publié par Papi

Marcher régulièrement limiterait les dangers d'ostéoporose, de pathologies articulaires dégénératives, d’obésité, de diabète, de maladies cardiovasculaires. Mais, avec l’âge, les seniors marchent moins, plus lentement, avec plus de difficultés, dépensent davantage d’énergie à chaque pas et se fatiguent plus vite. Une équipe de chercheurs de l’université du Colorado a cherché à savoir si cette dégradation était inexorable ou si elle pouvait être ralentie ou même supprimée par une autre activité : courir.

Deux équipes ont été constituées : les seniors d’une équipe marchaient pendant au moins 30 minutes 3 fois par semaine tandis que ceux de la deuxième équipe couraient à petite vitesse pendant au moins 30 minutes trois fois par semaine.  Des exercices en laboratoire sur tapis roulant ont ensuite permis de mesurer la performance physique des participants, leur consommation d’oxygène, etc.

A la grande surprise des chercheurs, le nombre de pas et leur longueur ont été identiques dans les deux groupes. Par contre, les coureurs dépensaient beaucoup moins d’énergie que les marcheurs, leur efficacité était comparable à celle d’un étudiant moyen sédentaire. Une explication est proposée : un exercice qui demande une respiration intense augmente le nombre de mitochondries, les muscles sont mieux vascularisés, moins nombreux à être sollicités, leur action est mieux coordonnée. Il y a donc économie d’énergie.

Le Dr Ortega qui a dirigé cette étude insiste sur le fait qu’il n’est jamais trop tard pour se mettre à courir et en retirer des effets positifs. Certains volontaires n’avaient jamais couru avant l’âge de 60 ans.

 

Sources

Un compte rendu de l’étude a été publié par le New-York Times : Run to Stay Young

http://well.blogs.nytimes.com/2014/12/03/run-to-stay-young/?emc=edit_tnt_20141203&nlid=67268624&tntemail0=y

Un compte rendu différent peut se télécharger à deux adresses : http://www.medicalnewstoday.com/articles/285917.php

L’étude complète Running for Exercise Mitigates Age-Related Deterioration of Walking Economy peut se télécharger à l’adresse : http://www.plosone.org/article/info%3Adoi%2F10.1371%2Fjournal.pone.0113471

Marcher c’est bien, courir, c’est mieux