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GérontoLiberté

 La médecine est-elle toujours un art ?

28 Septembre 2018, 05:21am

Publié par Louis Lacaze

Hippocrate (Vème et IVème siècle av. JC) et James Salwitz, cancérologue.
Hippocrate (Vème et IVème siècle av. JC) et James Salwitz, cancérologue.

Hippocrate (Vème et IVème siècle av. JC) et James Salwitz, cancérologue.

Pendant des millénaires, les médecins ont dû prendre des décisions devant des situations complexes sans maîtriser l’ensemble des caractéristiques d’une maladie et ses complications possibles. L’examen ne pouvait se faire qu’à partir de l’observation sensorielle. Prendre la bonne décision réclamait une bonne sûreté de jugement, de l’expérience et relevait de l’art.

Cette époque est terminée.  Les médecins maîtrisent la physiologie, la biochimie, la pathologie. Ils explorent l’ensemble du corps du patient. Ils connaissent l’efficacité probable de chaque médicament, ainsi que ses effets secondaires éventuels. Pour chaque maladie, il existe un traitement optimal. Tout repose sur les travaux de recherche, la statistique, tout est contenu dans l’ordinateur.

Il n’y aurait donc plus de place pour l’intuition, les sentiments, la passion ? Question absurde. L’invention de la tronçonneuse n’a pas tué le métier de bûcheron pas plus que celle du micro-ondes n’a tué le cuisinier. Les progrès de la connaissance nous rendent meilleurs dans l’exercice de nos fonctions. Le médecin peut recueillir une masse d’informations qui rendent le diagnostic plus précis et permettent un traitement plus efficace. Tout comme le sculpteur qui n’hésite pas à attaquer un bloc de marbre au burin électrique pour réaliser une création, le médecin conserve ses capacités d’imagination créatrice, son habileté à transmettre un message. La médecine reste un art avec la technique à son service.

 

Source

Dr James Salwitz, cancérologue Medicine is No Longer an Art. Right? Science-based medicine still needs the human element at its core

 

Comment chasser les mauvaises odeurs ?

25 Septembre 2018, 05:17am

Publié par Bernard Pradines

Je souhaite vous parler ici d’un temps que les moins de vingt ans ne devraient pas connaître. Un temps dont j’espère qu’il est révolu.

Essayons toutefois de le comprendre. Vous entrez le matin, après votre petit-déjeuner, dans une chambre où séjournent deux résidents. Pendant la nuit ou après leur petit-déjeuner, ils ont fait leurs besoins. En clair, la chambre est emplie de l’odeur des selles et des urines. De plus, en hiver, il y fait chaud car la température dans les  établissements est souvent réglée sur des niveaux inhabituellement élevés alors que vous vous activez dans ce lieu. Vous aurez donc la tentation d’ouvrir la fenêtre pour aérer, refroidir et chasser les mauvaises odeurs. Toutefois, il conviendra de ne pas oublier les résidents dans leur chambre car ils sont légèrement  vêtus et vulnérables au froid.

Bien, je touche à un tabou. Les personnels, peu nombreux, parfois épuisés, ont de grandes difficultés à recevoir la moindre critique. Ceci est d’autant plus vrai qu’ils sont souvent stigmatisés à tort alors qu’ils font tout leur possible. Ceci dit, comment éviter ce genre de situations ? Amies et amis lecteurs, avez-vous déjà observé ce que j’ai moi-même constaté ?

Un sentiment de solitude peut avoir de graves répercussions sur la santé physique et mentale des seniors

21 Septembre 2018, 05:43am

Publié par Louis Lacaze

Des études exposant les conséquences négatives de la solitude apparaissent régulièrement dans la presse médicale. Toutes soulignent la gravité du problème qui va en s’amplifiant avec l’allongement de l’espérance de vie. Le cercle des connaissances s’amenuise au fil des ans : les seniors assistent à trop d’enterrements, trop de départs, trop de maladies handicapantes.

Il est rappelé qu’isolement et solitude ne sont pas synonymes. Un senior peut très bien choisir de vivre seul et ne pas se sentir isolé. A l’inverse, vivre entouré de relations, être marié, ne protège pas automatiquement de la solitude. Conseiller à quelqu’un qui se sent seul de rencontrer d’autres personnes peut être une suggestion simpliste dans certains cas. Par ailleurs, à partir d’un certain âge, les seniors savent qu’ils se rapprochent de la fin de leur vie et fuient les relations superficielles pour ne s’intéresser qu’à celles qui ont un sens à leurs yeux.

La rigueur des statistiques confirme douloureusement l’impact négatif de la solitude sur la vie des seniors. Ils peuvent négliger des côtés élémentaires de leur vie quotidienne : médicaments à prendre, courses à faire, réfrigérateur à garnir, préparation des repas, toilette quotidienne.

Une étude récente de l'UCSF (University of California, San Francisco) qui a suivi 1604 participants d’âge moyen 71 ans a constaté qu’au bout de 6 ans près de 23% des seniors qui avaient déclaré se sentir isolés étaient morts, à comparer au chiffre de 14% pour les autres. Ce taux de mortalité élevé s’accompagne d’un risque accru de morbidités tels que des troubles cardiaques (Perissinotto et al, 2012) [1].

Wilson (Wilson et al, 2007) a pu aussi noter une corrélation entre le sentiment de solitude et un déficit cognitif accéléré sur une période de 4 ans progressant vers la démence  [2]. Donovan (Donovan et al, 2017) [3] retrouve ce risque à 12 ans.

Des expériences de lutte contre la solitude ont pu voir le jour aux Etats-Unis : se joindre à un groupe, une association, adopter un chien, rejoindre un groupe de personnes souffrant de solitude, expériences calquées sur les groupes d’alcooliques ou de drogués anonymes. L’analyse de ces initiatives n’a hélas pas révélé de résultats convaincants.

Sources :

[1] Perissinotto CM, Cenzer IS, Covinsky KE. Loneliness in Older Persons: A predictor of functional decline and death. Archives of internal medicine. 2012;172(14):1078-1083 :

https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC4383762/

[2] Wilson RS, Krueger KR, Arnold SE, Schneider JA, Kelly JF, Barnes LL, Tang Y,Bennett DA. Loneliness and risk of Alzheimer disease. Arch Gen Psychiatry. 2007 Feb;64(2):234-40.

 

[3] Donovan NJ, Wu Q, Rentz DM, Sperling RA, Marshall GA, Glymour MM. Loneliness, depression and cognitive function in older U.S. adults. Int J Geriatr Psychiatry. 2017 May;32(5):564-573.