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GérontoLiberté

Les épreuves de l’aidante peuvent avoir des compensations

26 Février 2019, 06:42am

Publié par Louis Lacaze

Tous les soignants savent que s’occuper d’une personne âgée dévore du temps, de l’énergie, de l’argent, exige des efforts continuels. Il serait bon de s’interroger sur les apports positifs susceptibles d’accompagner cette situation. Des spécialistes américains en énumèrent dix.

 

1. Vous avez la satisfaction de vous détacher d’une routine quotidienne et d’enrichir votre vie.

2. Vous vous évadez de préoccupations purement matérielles - la voiture, le téléphone, internet – pour faire appel à des réactions plus nobles : générosité, compassion.

3. Si vous étiez très proche du senior, vous vous rapprocherez davantage d’elle ou de lui et pourrez atteindre un niveau d’intimité supérieur.

4. Et si vous ne vous en sentiez pas particulièrement proche, l’occasion se présente de le devenir. Vous aurez l’occasion d’aborder d’anciens points conflictuels, de clarifier des situations délicates.

5. Accompagner un senior vous permettra parfois de prendre conscience de la brièveté de la vie et de distinguer l’essentiel du secondaire.

6. Une étude (voir fichier lié ci-dessous en téléchargement) a montré que 35% des aidants qui accompagnent une personne atteinte de la maladie d’Alzheimer déclaraient se sentir plus proche d’elle qu’auparavant.

7. Vous devenez réaliste et ne prétendez pas tout maîtriser. Vous reconnaissez vos limites.

8. Vous serez plus à l’aise pour aborder des sujets autrefois tabous, la vie, la mort. De plus vous vous sentirez libéré(e) pour aborder ces sujets avec vos enfants.

9. Vos enfants sont témoins de votre action. Visiter un grand-parent leur offre une perspective différente de la vie éloignée et de l’égoïsme ambiant.

10. Accompagner un senior vous permet de découvrir les étapes qui marqueront votre vie future et de réfléchir à l’organisation de votre propre vieillesse.

 

Le simple fait de voir un sourire éclairer le visage de votre mère quand vous vous approchez, de la voir se détendre pendant que vous la coiffez vous fait comprendre que vous êtes un plus. N’est-ce pas ce que la plupart des gens désirent, être un plus ?

 

Source :

Communication dans les soins

22 Février 2019, 06:26am

Publié par Bernard Pradines

Injection létale : des intentions cachées

19 Février 2019, 06:30am

Publié par Bernard Pradines

Injection létale : des intentions cachées

Extrait :

"... la technique de l’injection ne fait pas couler le sang. Elle ne revêt donc pas l’aspect scandaleux car spectaculaire et éclaboussant inhérent à l’acte de ceux qui se défénestrent ou qui recourent aux voies ferrées. Surtout, cette modalité peut rester cachée dans une chambre, dans  une discrétion convenable, politiquement correcte, que ne parvient pas à respecter celui qui se jette d’une tour, d’une falaise ou d’un pont."

Sur le blog du journal La Croix le 23 avril 2018, Patrick Verspieren s’interroge sur le fait que le Conseil économique, social et environnemental (CESE) ait choisi la sédation comme forme d’aide à mourir. Il argumente que « d’autres moyens seraient plus expéditifs et plus simples d’emploi. »

Un peu plus loin, il souligne un risque de confusion avec les soins :

« Tout sommeil évoque d’une certaine façon la mort. Le sommeil obtenu par une sédation plus que tout autre, ce qui suscite d’ailleurs un grand malaise chez des soignants lorsqu’ils ont à réaliser des injections sédatives. La sédation est jusqu’à présent mise en œuvre avec un objectif de soin, selon des modalités déterminées avec rigueur pour garantir le respect de cet objectif. Une sédation volontairement mortelle emploierait les mêmes produits, les mêmes « médications ». Cela faciliterait la confusion entre ces deux pratiques, malgré la divergence de leurs objectifs et de leurs modalités de mise en œuvre. »

Je suis d’accord avec ces appréciations. Pourtant, il me semble qu’elles doivent être complétées. En effet, d’autres facteurs sont ici décisifs. Telle l’administration de la peine de mort dans certains pays, l’injection létale est réputée, à tort ou à raison, douce et rapide par rapport à des moyens jugés violents. De quoi ôter une part de mauvaise conscience à ceux qui s’y prêtent et aux citoyens qui la promeuvent. La pérennité de la peine de mort peut être à ce prix. Enfin, des soignants sont allés jusqu’à pratiquer une telle injection malgré des mises en garde telles que celle de l’Association Médicale Mondiale à Lisbonne.

Par ailleurs, la technique de l’injection ne fait pas couler le sang. Elle ne revêt donc pas l’aspect scandaleux car spectaculaire et éclaboussant inhérent à l’acte de ceux qui se défenestrent ou qui recourent aux voies ferrées. Surtout, cette modalité peut rester cachée dans une chambre, dans  une discrétion convenable, politiquement correcte, que ne parvient pas à respecter celui qui se jette d’une tour, d’une falaise ou d’un pont.

Que le médecin injecte un produit létal permettrait de lui faire porter la responsabilité et la culpabilité inévitable qui sera éprouvée par l’entourage. Elle autoriserait aussi le maintien à domicile jusqu’au bout de la vie en évitant une crainte, parfois une véritable hantise : l’entrée en établissement pour personnes âgées. Un déménagement qui est un déracinement et entraîne l’obligation de frais qui obèrent l’héritage et aboutissent souvent à vendre la maison laborieusement acquise.

Nous sommes à un carrefour qui nous oblige à des choix. Deux voies se présentent à nous : soit celle de l’accompagnement et des soins palliatifs, soit celle de mesures expéditives que ne manqueront pas de demander les inutiles et coûteux, en somme ceux que nous aurons délaissés.