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GérontoLiberté

Comment gérer les signes de démence

30 Avril 2019, 05:35am

Publié par Louis Lacaze

Comment gérer les signes de démence

Le Dr Helen Keyles, Professeur de psychiatrie à l’Université du Michigan, dirige un programme de recherches sur la démence et organise de nombreuses conférences sur le sujet.

 

Lorsque nous signalons que la pharmacopée actuelle n’est pas efficace contre la démence et s’accompagne d’effets secondaires graves, le public pose régulièrement une question : « Mais alors que pouvons-nous faire ? ». Ce besoin d’information nous motive fortement alors que nous avons noté qu’une très forte proportion de seniors atteints de démence vivaient dans leurs familles qui payaient un lourd tribut à cette charge et souffraient de stress, de dépression, d’une baisse générale de leur qualité de vie.

 

L’aidant, plus souvent une aidante, se retrouve naturellement en première ligne.

Comme demander à un dément de modifier son comportement est illusoire, il va exprimer ses besoins par des signes de dépression, d’anxiété, de l’agressivité, de l’apathie. L'aidant(e) devra devra les interpréter pour éventuellement les modifier.

 

Le Dr Keyles propose une liste de suggestions :

 

Etat général de l’aidant(e) : conserver une bonne forme physique et mentale suppose une gestion raisonnée de son énergie, la pratique d’exercice physique, le recours à une aide extérieure dès que le besoin s’en fait sentir, une protection contre le stress et un suivi médical régulier par son médecin.

 

Education : l’aidant(e) doit se persuader que le comportement du dément n’est pas intentionnel mais la conséquence d’une maladie du cerveau.

 

Situation de manque du dément : il peut manquer de sommeil, de repos, de nourriture, d’un environnement sécurisant.

 

Problèmes médicaux : la douleur en particulier n’est que trop rarement détectée alors qu’elle conduit à des comportements agressifs. Demander au médecin de rechercher une source éventuelle de douleur, une infection urinaire, l’effet secondaire d’un médicament…

 

Il doit être apporté une correction à un déficit de la vision ou de l’audition :

 

Communication : parler calmement, poser des questions fermées (réponses oui-non). Rester simple, ne pas se lancer dans de longues explications.

 

Environnement : réduire l’agitation, le nombre de personnes présentes, le bruit (radio, télévision). Une routine quotidienne sécurise le patient.

 

Sécurité : veiller à isoler le dément de tout objet qui pourrait être dangereux pour lui ou l’entourage.

 

Manque d’activité : éviter les activités standard, rechercher des activités correspondant aux goûts et aux capacités de la personne sans s’attacher à la qualité de l’exécution.

 

Le Dr Keyles espère que cette approche proactive axée sur la formation des aidant(e)s s’imposera face au recours aux médicaments psychoactifs, psychotropes, généralement utilisés. Elle reste toutefois convaincue qu’un long chemin reste à parcourir.

 

Sources

 

Eric Widera. Alex Smith. GeriPal Podcasts Managing Behavioral Symptoms in Dementia: Podcast with Helen Kales

Listen to GeriPal Podcasts on: iTunes   Google Play Music  Soundcloud  Stitcher 

Today from my home state of Michigan we have, and from my alma mater the University of Michigan, we have Helen Kales who is Professor of Psychiatry, Director of the Program for Positive Aging and a Research Investigator at the VA Center for Clinical Management and Research. Welcome to the GeriPal podcast, Helen.

 

Helen C Kales et al Assessment and management of  behavioral and psychological symptoms  of dementia

https://www.bmj.com/bmj/section-pdf/917839?path=/bmj/350/8003/Clinical_Review.full.pdf

 

Behavioral and psychological symptoms of dementia are defined as signs and symptoms of disturbed perception, thought content, mood, or behavior.

They include agitation, depression, apathy, repetitive questioning, psychosis, aggression, sleep problems, wandering, and a variety of socially inappropriate behaviors.

 

Et aussi un exemple de formation :

Dr Lucien Mias 

Le soleil se couche à l’Ouest

26 Avril 2019, 05:30am

Publié par Bernard Pradines

Le 2 novembre 2018, j’ai publié un article de mon fait sous le titre suivant : « le soleil se lève à l’Est ». J’y décrivais des personnes présentes au lit ou au fauteuil incapables d’éviter les rayons incidents du soleil situé à l’Est le matin, à l’Ouest en fin d’après-midi. L’accès aux commandes des persiennes étant exceptionnel, elles n’avaient comme ressource que de subir une gêne souvent pénible et longue.  

Une fidèle lectrice me signale que le problème le plus fréquent est celui des personnes qui n'osent pas s'exprimer afin de ne pas déranger les soignants. C'est vrai que l'article ci-dessus n'évoque pas cette situation. La raison : dans cet article, il s'agissait de personnes qui n’étaient  pas en mesure de s'exprimer verbalement dans la quasi-totalité des cas. Toutefois, des signes non verbaux sont intéressants à repérer dans ces situations : la personne cherche à se prémunir des rayons solaires en se cachant avec un drap, une serviette ou un traversin. Elle peut aussi tenter de se mouvoir afin de ne pas recevoir les rayons du soleil sur le visage. Malheureusement, certaines d'entre elles sont incapables d’y parvenir, voire de reconnaître tout facteur agressif et de savoir y pallier.

Ici aussi le nombre et la formation des personnels jouent tout leur rôle. Il n’est pas évident pour un employé nouvellement arrivé de saisir toutes les subtilités des comportements des personnes sans expression verbale. Surtout si de multiples tâches incessantes l’attendent.

La Bible dévoilée ?

23 Avril 2019, 05:15am

Publié par Bernard Pradines

La Bible dévoilée ?

Aider ses parents à la fin de leur vie est-il un honneur qu’on leur procure ? Et permettrait-il de vivre plus longtemps ? Une hypothèse, en tous cas que la Bible pourrait avoir affirmée comme vraie.

Si l’on en croit Wikipédia[1], le décalogue inclut l’injonction suivante :

« Honore ton père et ta mère, afin que tes jours se prolongent dans le pays que l'Éternel, ton Dieu, te donne. »

De la même manière, le cinquième commandement du décalogue est ainsi présenté par la Conférence des Évêques de France [2]:

 « Honore ton père et ta mère, afin d’avoir longue vie sur la terre que te donne le Seigneur ton Dieu. »

La Bible avait-elle pressenti une réalité liée aux bénéfices de l’aide : vivre plus longtemps ? Pourtant, l’idée dominante actuelle est celle d’aidantes et d’aidants mourant volontiers avant la personne aidée. Une étude parue en 1999 avait sonné l’alarme dans ce sens (Schulz et Beach, 1999), bien que le nombre de personnes aidantes décédées au cours de l’étude fut faible : 103. Les auteurs constataient un accroissement de 63 % de la mortalité des aidant(e)s par rapport à des personnes non aidantes ou qui ne se sentaient pas éprouvées par l’aide. Il est vrai que l’étude ne portait que sur des conjoint(e)s aidant(e)s âgé(e)s de 66 à 96 ans. De plus, il s’agissait d’aidantes et d’aidants assumant une charge dont ils se sentaient éprouvés.

Depuis 1999, des résultats différents, voire opposés, ont été publiés. Ainsi, pour Perkins (Perkins et al, 2013), ce n’est pas l’aide en soi mais le stress intense vécu par l’aidant(e) qui conditionne une augmentation de la mortalité par rapport aux non-aidant(e)s. Une situation qui ne se retrouve pas chez les aidant(e)s déclarant un stress faible.

Mieux, une étude plus récente tend à démontrer un bénéfice de l’aide sur l’espérance de vie. O’Reilly (O’Reilly et al, 2015) fait état d’une moindre mortalité, quelle que soit l’intensité de l’aide mais plus significative en cas d’aide inférieure à cinquante heures par semaine.

En conclusion, dans un contexte de valorisation de l’aide, peut-on penser que les auteurs de la Bible auraient constaté un allongement de la durée de la vie des aidant(e)s qu’ils auraient -à tort ou à raison- attribué à Dieu ? Une durée de vie dont l’augmentation témoignerait de la congruence avec des valeurs fortes d’une société ? Une motivation à vivre pour aider  l’autre ?

Il conviendra à l’avenir de s’intéresser aux différentes situations d’aide selon les âges, les pathologies accompagnées, les diverses ressources et le stress évoqué par les aidant(e)s. En se gardant toujours d’une enthousiasme qui serait suscité par des études commandées par des institutions étatiques qui sont préoccupées par le coût de l’aide professionnelle et pourraient vouloir dédramatiser celle des proches aidant(e)s.

Références :