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GérontoLiberté

Personnes à revenus faibles : l'information numérique locale est cruciale

31 Mars 2020, 10:16am

Publié par Bernard Pradines

L’accès à l’information locale est crucial en cette période, en particulier pour le numérique au bénéfice des personnes dont les ressources financières sont faibles.

C’est pourquoi j’ai lancé la pétition ci-dessous le 17 mars 2020 :

https://www.mesopinions.com/petition/medias/gratuite-information-numerique-locale-contre-covid/82726

Certaines propositions d’abonnement numérique temporaire sont très alléchantes. Mais peut-on résilier facilement les abonnements aux prix attractifs actuellement proposés ? Par exemple, pour La Dépêche du Midi, il faut aller fouiller dans les Conditions Générales de Vente et d'Utilisation pour trouver les possibilités de résiliation de l’abonnement dit libre, il est vrai à 1 euro par mois pendant trois mois. Sinon, votre abonnement se poursuivra à raison de 19,90€ /mois du lundi au dimanche :

« Durée libre (prélèvement automatique) :

Dans le cadre d’un abonnement à durée libre, la reconduction de l’abonnement est tacite et automatique. Le client peut toutefois à tout moment demander la résiliation de son abonnement par l’envoi d’un courrier à l’adresse ci-dessous : La Dépêche du Midi - Service abonnements avenue Jean Baylet - 31095 Toulouse Cedex 9.

L’abonnement prendra fin à l’issue du prélèvement en cours. »

Mieux vaut utiliser une lettre recommandée avec accusé de réception.

En conclusion, à l’heure où des soignants meurent pour sauver des vies, il serait incompréhensible que l'effort collectif incluant la presse locale ne soit pas clairement affiché. Ceci afin de lever toute ambiguïté risquant de faire prolonger des abonnements à des tarifs inaccessibles aux personnes démunies. 

Mieux vaudrait le dire franchement

29 Mars 2020, 11:09am

Publié par Bernard Pradines

Bien des euphémismes sont utilisés en ce moment pour parler du tri inévitable en cas de remplissage complet des lits de réanimation, voire de soins intensifs.

Bien sûr, il ne s’agira jamais d’un choix. Qui peut imaginer que les médecins réanimateurs choisissent ceux qui vont être réanimés « à la tête du client » ?

Non, il s’agit bien d’un impératif [1]dicté par la situation de catastrophe comme l’écrit à juste titre l’Espace Ethique d’Ile-de-France dès le 17 mars 2020 :

« L’impératif de sauver d’abord les plus jeunes, quitte à sacrifier les plus âgés, fait l’objet d’une perception plutôt consensuelle en France. Cela reste un critère culturellement et socialement marqué cependant. Dans le cas du COVID-19, il est important d’insister sur la pertinence médicale de ce critère dans une logique d’usage efficient des ressources (les personnes âgées ont peu de chances de sortir vivantes de réanimation). »

Mon confrère suisse le Dr Roland Kunz ne l’énonce pas autrement le 24 mars 2020 :

COVID-19 pandemic: palliative care for elderly and frail patients at home and in residential and nursing homes[2]

Il n’est pas  encore temps pour  tirer toutes les  conclusions de cette situation exceptionnelle. Mais il importe de se préparer soi-même et auprès des siens à en comprendre les enjeux.


[2] Kunz R, Minder M. COVID-19 pandemic: 
palliative care for elderly and frail patients at home 
and in residential and nursing homes. 
Swiss Med Wkly. 2020 Mar 24;150:w20235.

 

L’urgence palliative

28 Mars 2020, 10:01am

Publié par Bernard Pradines

Nous n’avons que très peu la pratique de l’urgence palliative. Celle-ci survient généralement lors d’une asphyxie ou d’une hémorragie qui sont brutales dans un contexte de maladie mortelle.

Face au Covid-19 et à ses dégâts considérables qui sont à même de bloquer tout recours à la réanimation, nous devons nous préparer au mieux à une situation nouvelle pour notre génération : l’urgence palliative.

 

Elle consiste en pratique dans une présence humaine compétente et dans l’administration de médicaments qui visent à soulager rapidement un ou des symptômes inconfortables dans un contexte gravissime. Ici, c’est la difficulté à respirer que nous appelons la dyspnée. Une sédation s’impose  lorsque celle -ci devient très grave chez un patient qui ne doit pas ou ne peut pas bénéficier de la réanimation.

Il convient donc rapidement que des protocoles soient établis, que les stocks de médicaments soient vérifiés et/ou complétés et que l’organisation de nos soins y soit prête.

C’est une urgence.