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GérontoLiberté

Vieillesse et activité doivent aller de pair

28 Août 2020, 05:42am

Publié par Louis Lacaze

Vieillesse et activité doivent aller de pair

Le mot vieillesse  peut se trouver associé aux mots sagesse, expérience, savoir. Il peut aussi évoquer solitude, handicaps, maladie, charge encombrante pour la famille et la société.

 

De très nombreuses études ont montré que les seniors qui avaient une  attitude positive vivaient plus longtemps que les autres avec un risque diminué de démence, dont la maladie d’Alzheimer évoluée. Ceux qui avaient de la vieillesse une perception négative avaient davantage de problèmes de santé et récupéraient moins vite que ceux qui pensaient que la vieillesse leur apportait savoir et sagesse.

 

Un aidant pourra orienter son accompagnement d’une personne âgée en conséquence en suivant les suggestions des auteurs des études.

Il est important de veiller à conserver une bonne forme physique, de conserver des centres d’intérêt, éventuellement d’en créer de nouveaux. Les partager avec d’autres personnes permet de lutter contre la solitude, de valoriser un savoir, une expérience, d’élargir son cercle de connaissances, de se sentir utile pour la société.

 

Un senior  internaute trouvera parmi l’infinité de blogs existants le sujet qui l’intéresse, où son savoir sera apprécié. Dans une maison de retraite il pourra organiser des groupes de conversation, des équipes de jardinage, ou toute autre activité susceptible de permettre aux résidents de ne pas rester isolés dans leurs chambres.

 

Commentaires de Bernard Pradines

 

Difficile de dire ce qui revient à ce constat positif ou bien à une "causalité inverse" : celui qui devient dément ou présente des risques de le devenir serait moins "positif" que l'autre. La dépression fait le lit ou contribue au mal vieillir et représente un facteur de risque de démence. Un hasard ?

 

Sources et suggestions de lectures

http://www.caring.com/articles/health-benefits-having-purpose?utm_content=20140722&utm_campaign=website&utm_source=suggests&utm_medium=email

Je prends de l’âge, ça se soigne docteur ?

25 Août 2020, 05:37am

Publié par Louis Lacaze

Je prends de l’âge, ça se soigne docteur ?

Une enquête a révélé qu’aux Etats-Unis les ventes de médicaments  visant à combattre les effets de la vieillesse avaient augmenté de 32% entre 2007 et 2011. Ils occupent la troisième place après les médicaments traitant le diabète et le cholestérol. Ils font l’objet d’un gigantesque effort publicitaire au nom du «vieillissement réussi » et de la longévité, comme s’il s’agissait là de marchandises banales.

L’augmentation la plus importante se rencontre chez les personnes âgées de 45 à 64 ans qui veulent lutter contre la calvitie, les rides, l’insomnie, la ménopause, les dysfonctions sexuelles, la baisse des  facultés intellectuelles, le besoin d’aller fréquemment aux toilettes, les fuites urinaires. Les médicaments concernant la maladie d’Alzheimer, les démences, les maladies aigues ou chroniques n’ont pas été pris en compte.

A partir de 65 ans la demande est identique avec une augmentation des médicaments censés corriger les dysfonctions sexuelles et une diminution des médicaments visant à améliorer les performances intellectuelles.

On doit noter que les dépenses entraînées sont élevées. Que tous les médicaments peuvent avoir des effets secondaires et qu’il est important de prendre en considération leurs avantages et leurs inconvénients.

Le Dr Hadler, professeur de médicine à l’université de Caroline du Sud pense qu’une personne âgée doit considérer que les changements qui accompagnent la vieillesse sont normaux, non pathologiques, qu’il faut apprendre à les accepter plutôt que livrer une bataille perdue d’avance. Pour lui les défis que suscitent le vieillissement et la fin de la vie peuvent être relevés avec sagesse, dignité et confiance.

Commentaires de Bernard Pradines 

Comme toujours, les arguments opposés exposés ci-dessus doivent être nuancés. C’est bien  aux médecins, en particulier aux gériatres, de distinguer ce qui relève de la vieillesse et des changements « normaux » d’une part et des maladies accessibles aux traitements d’autre part. Une immense et complexe tâche. Une discussion éternelle que nous avons maintes fois développée ici. La vieillesse serait tout ce qui ne peut pas être médicalement traité, la maladie et les traumatismes occupant le champ restant. Nous avons déjà proposé que cette frontière est mouvante, la vieillesse d’autrefois relevant souvent de la pathologie d’aujourd’hui à mesure que la médecine  progresse, identifie les pathologies et propose des thérapeutiques.  Que certains entretiennent encore plus de confusion pour vendre des médicaments à des vieux qui souffrent de vieillesse ne nous étonne pas : il n’y a pas de petit profit.

Sources : Judy Graham, The New York Times,  http://newoldage.blogs.nytimes.com/2012/11/14/fighting-off-age-at-the-pharmacy-counter/  Novembre 2012.

J. Graham s’est inspirée du livre du Dr Hadler “ Rethinking Aging: Growing Old and Living Well in an Overtreated Society(University of North Carolina Press, 2011).

On trouve un bref résumé (en français)  du livre sur  http://www.amazon.ca/Repenser-vieillissement-Nortin-M-Hadler/dp/2763798276 .

 

La révélation de la nécessité

21 Août 2020, 05:21am

Publié par Bernard Pradines

La révélation de la nécessité

Nous n’en finissons pas d’apprendre de la Covid-19. Une pandémie qui n’est pas encore terminée, qui exige de l’envisager sereinement mais rapidement.

Un constat, parmi d’autres, s’impose : l’isolement peut être toxique pour les personnes âgées, surtout quand elles sont vulnérables. Les établissements ont balancé entre la sécurisation qui implique la distanciation, voire  la fermeture, et la liberté indispensable à une relation familiale ou amicale.

Autrement dit, vous pourrez souffrir et mourir de la Covid-19 mais aussi de dépression et de désespoir car on ne vous visite plus pour vous éviter le SARS-CoV-2. Dure réalité qui nous renvoie à des sentences telles que : « il ne faut pas les empêcher de vivre pour les empêcher de mourir ».

En filigrane apparait enfin le travail patient des soignants et l’accompagnement bienveillant des familles et des bénévoles. Nous percevons mieux qu’il ne suffit pas de pain et de soins. Cette présence permanente, ce travail souvent ingrat, ce lien maintenu avec les familles, le bénévolat qui tisse une relation avenante reviennent en pleine lumière quand leur absence ou leurs difficultés se font jour. Ce qui est considéré à l’ordinaire comme normal, voire trivial, prend la couleur du nécessaire, de l’indispensable, du vital.

Oui, nous n’en finissons pas d’apprendre car, telle la liberté individuelle et collective en général, son absence devient le révélateur de sa nécessité.