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GérontoLiberté

Articles avec #alzheimer

Groupe d'aidants en géronto-psychologie.

18 Août 2017, 05:22am

Publié par Collège Tarnais des Psychologues Gérontologues (CTPG)

Un aidant est une personne non professionnelle qui vient en aide à titre principal à une personne dépendante de son entourage. Mais cette aide à des conséquences financières, temporelles, relationnelles et sanitaires.

L'aide apportée par les familles à un proche dépendant est souvent une source de stress émanant de deux composantes complémentaires.  D'une part la charge objective qui concerne les problèmes vécus par l'aidant, directement en lien avec le comportement, le handicap, la dépendance de la personne aidée. Il s'agit par exemple de l'accompagnement dans les actes de la vie quotidienne (soins, repas…). D'autre part, la charge subjective qui correspond aux réactions émotionnelles de l'aidant face à cette situation d'aide, la manière dont il perçoit son rôle, sa place, ses ressources et ses besoins...

Un des rôles du psychologue en gérontologie est d'aider la personne âgée à garder des liens de qualité avec ses proches, mais également de prévenir l'épuisement de l'aidant. Cette aide aux aidants se décline en différents accompagnements : en groupe ou en individuel. Le premier concerne le processus groupal, les échanges, les témoignages abordés lors des groupes de parole ou lors de différentes rencontres entre aidants comme les « cafés mémoire » ou lors d’une action d'éducation thérapeutique.

Le psychologue crée les conditions pour que la parole advienne. Ce professionnel de l'écoute permet  aux participants de prendre de la distance face aux affects liés aux situations vécues.  Il les accompagne dans leur interprétation et leur donne du sens. 

En 1997, Joubert met en évidence que ces dispositifs qui réunissent plusieurs aidants permettent de parler ensemble de ce qui est difficile, de ce qui fait souffrir autour de la dépendance, du placement, de la fin de vie.

Il est question de permettre aux aidants familiaux de se rencontrer et d'échanger sur les problématiques vécues auprès d'un proche. Le groupe a une fonction contenante : il permet de s'informer, de partager, de déposer un trop plein émotionnel.

La présence du groupe et sa dynamique ont également une fonction de soutien et de réassurance auprès des aidants. En effet, il tisse du lien entre eux et peut permettre une identification réciproque des participants : se reconnaître dans l'autre mais aussi être reconnu par lui.

Le sentiment d'appartenance à un groupe permet au participant de se reconnaître à travers le récit de cet autre aidant. Les échanges permettent de faire le tri dans les émotions et les pensées grâce au processus du miroir « le même » ou au contraire en les confrontant à une autre manière de vivre les situations semblables. Ce temps permet aux familles de déposer leurs représentations imaginaires, leur agressivité sans craindre qu'elles soient destructrices pour leur parent ou pour l'institution.

Le dispositif groupal possède aussi une fonction d’étayage, de soutien, dans la prise en compte de la famille qui restaure son identité et apaise sa souffrance narcissique en lui montrant que ses « mauvais » sentiments n’entament pas ses capacités à répondre aux besoins de son parent. Les sentiments de rivalité, de jalousie, voire de haine que les familles peuvent éprouver envers les soignants y sont parfois évoqués, travaillés, voire apaisés.

Le dispositif de groupe va permettre de développer une capacité à s'adapter et les connaissances vont permettre la juste distance émotionnelle.

 

 

Démence : la prévention est possible

4 Août 2017, 05:11am

Publié par Louis Lacaze et Bernard Pradines

Démence : la prévention est possible

 

47 millions de patients sont atteints de démence dans le monde et leur nombre aura triplé en 2050, entrainant un coût énorme sur le plan humain, financier et sur la société en général.

 

Les chercheurs ont noté que si le nombre de cas augmentait régulièrement dans certaines populations, il diminuait dans d’autres. Ils se sont efforcés de relever les facteurs expliquant ces différences. Ils ont pu noter que certains risques étaient d’origine génétique et non modifiables. Le principal risque génétique (Apolipoprotéine allèle ε4) ne serait contributif que dans 7 % des cas. 

La démence n’est pas une conséquence inévitable du vieillissement. Beaucoup de facteurs délétères pourraient être traités. Le mode de vie peut soit réduire, soit augmenter le risque de présenter une telle symptomatologie. L’application d’un certain nombre de mesures pourrait en principe éliminer plus du tiers des cas.

 

Au début de la vie, interrompre les études avant le secondaire contribuerait à 8 % des cas. Un bon niveau d’instruction atteint à l’âge de 10-12 ans procure une réserve cognitive qui permet au cerveau de fonctionner correctement malgré les pathologies incidentes.

 

Au milieu de la vie, période définie ici entre 45 et 65 ans, l’hypertension artérielle et l’obésité seraient impliquées dans 3 % des cas.  La perte auditive est évoquée dans 9% des cas.

Le déficit de l’ouïe n’a été reconnu comme facteur de démence que récemment. On ne sait pas si l’utilisation d’aides auditives peut retarder ou supprimer l’apparition de démence. Hypothèses : cette perte peut soit augmenter la charge de travail d’un cerveau fragilisé, soit être un facteur d’isolement ou de dépression qui peut accélérer le déclin cognitif.

 

Après 65 ans, ce sont 15 % des facteurs attribuables qui  seraient liés à la dépression, au diabète, à l’inactivité physique, au tabagisme et à l’isolement social.

La dépression affecte les hormones de stress, le facteur de croissance des neurones et le volume de l’hippocampe. Les antidépresseurs, de plus en plus souvent prescrits, pourraient diminuer la production de protéine amyloïde.

On retrouve ici les facteurs connus de risque vasculaire susceptibles de provoquer, au niveau cérébral, athérosclérose et lésions micro et macro vasculaires probablement pourvoyeuses de dégénérescence des neurones.

La solitude augmente le risque d’hypertension, de dépression. Elle peut entrainer une inactivité cognitive qui accélèrera le déclin des capacités intellectuelles. Les personnes qui vivent seules, ne se sont jamais mariées ou sont veuves voient leur risque de démence augmenté et devront être particulièrement surveillées pour éviter le risque de solitude.

Un régime alimentaire méditerranéen comportant peu de viande et de produits laitiers, beaucoup de légumes, de fruits et de poisson, a des effets nettement protecteurs.

 

Les chercheurs n’ont pas pris en compte les effets éventuels de la pollution atmosphérique ou des troubles du sommeil, pourtant susceptibles de faire partie des risques modifiables.

 

Cette étude fait écho à celle qui fut publiée dans la même revue en 2014 (Norton et al, 2014) qui soulignait l’importance de l’éducation dans le pays en voie de développement et des facteurs de risque vasculaires en pays dits développés.

 

En somme, si ceci était possible, la correction de ces facteurs pourrait prévenir 35 % des cas de démence. Cette prévention devrait être précoce car il apparait de plus en plus évident que la démence n’est plus considérée comme une pathologie du grand âge mais comme une affection du  milieu de la vie cliniquement silencieuse.

 

Sources :

 

Etude complète:

Livingston G, Sommerlad A, Orgeta V, Costafreda SG, Huntley J, Ames D, Ballard C, Banerjee S, Burns A, Cohen-Mansfield J, Cooper C, Fox N, Gitlin LN, Howard R, Kales HC, Larson EB, Ritchie K, Rockwood K, Sampson EL, Samus Q, Schneider LS, Selbæk G, Teri L, Mukadam N. Dementia prevention, intervention, and care. Lancet 2017 Jul 19.

 

  • Présentation de l’étude par Medpage :

Présentation de l’article du Lancet par le rédacteur en chef :

Preparing for later life today

 

Norton S, Matthews FE, Barnes DE, Yaffe K, Brayne C. Potential for primary prevention of Alzheimer's disease: an analysis of population-based data. Lancet Neurol. 2014 Aug;13(8):788-94.