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GérontoLiberté

Articles avec #benevolat

Rompre la solitude

17 Novembre 2020, 06:27am

Publié par Bernard Pradines

D’après le rapport publié par l'association Les Petits frères des pauvres en juin dernier, 720 000 personnes âgées n'ont eu aucun contact avec leur famille durant le confinement.

D’après le rapport publié par l'association "Les Petits frères des pauvres" en juin dernier, 720 000 personnes âgées n'ont eu aucun contact avec leur famille durant le confinement, et 650 000 personnes âgées n’ont trouvé personne à qui parler. 

Mis en place en 2007, le numéro vert ''Solitud’écoute'' des Petits Frères des Pauvres propose une écoute gratuite, anonyme et confidentielle qui constitue un lien vers l’extérieur pour toutes les personnes de plus de 50 ans qui ne peuvent pas se déplacer ou qui recherchent une oreille bienveillante, quelqu’un à qui parler, sans jugement.  

Le 0 800 47 47 88 est un numéro gratuit, anonyme et confidentiel avec une permanence d’écoute tous les jours, y compris les week-ends et jours fériés, de 15h à 18h. 

Personnes âgées : propositions pour le monde d’après. Premier thème : la concurrence

16 Octobre 2020, 05:07am

Publié par Bernard Pradines

Personnes âgées : propositions pour le monde d’après.  Premier thème : la concurrence

Extrait :

« La concurrence entraîne des conflits d’intérêts divergents qui appauvrissent ou interdisent une attitude réaliste et constructive face aux défis du temps comme les épidémies et les autres problèmes du quotidien.

... ce sont l’entente, la coopération, l’interdisciplinarité, l’ouverture d’esprit, la curiosité scientifique, la tolérance, le sens du débat même s’il est vif, qui servent l’intérêt de la personne âgée vulnérable. »

Il ne suffit pas de clamer l’indispensable travail d’équipe en matière de soins, de vanter les filières ou le parcours fluidifié.  Il faut comprendre les ressorts des discordes délétères qui peuvent opposer deux services, deux établissements, deux professions ; un champ vierge d’investigation masqué par des considérations morales désolées et inopérantes : « nous avons les mêmes buts. Nous devrions nous entendre dans l’intérêt des patients âgés ! »

Pour ma part, j’aperçois deux aspects proches et liés : la concurrence et le corporatisme. J’aborderai ici le premier thème, je laisserai le second pour un texte ultérieur.

La concurrence s’entend selon le Larousse[1] d’abord comme une compétition, une rivalité d'intérêts entre plusieurs personnes qui poursuivent un même but. C’est aussi « la structure d'un marché qui se caractérise par une pluralité d'entreprises en compétition les unes par rapport aux autres pour bénéficier de la préférence des consommateurs. »

La concurrence est souvent présentée comme un stimulus décisif dans l’économie générale. Elle est assimilée au progrès en obligeant le producteur à répondre au mieux à la demande du consommateur. Celui qui ne peut pas offrir le même rapport qualité/prix est condamné à évoluer sous peine de dépérir. Vaincre ou mourir.

Pourtant, une question vient à l’esprit pour notre propos : la concurrence en matière de marchandises est-elle bénéfique dans le domaine de l’accompagnement humain des personnes vulnérables ?

Un des effets de la concurrence est la discrétion sur les défauts de la prestation. A l’inverse, elle s’accompagne de publicité sur les aspects positifs. Il suffit de regarder le « papier glacé » des grands groupes d’établissements pour s’en convaincre. Hors, la discrétion, la réserve, le secret, l’étalage de qualités réelles ou supposées,  sont incompatibles avec les échanges ouverts autour des difficultés rencontrées. Le devoir de réserve sur les aspects négatifs empêche la concertation fructueuse des acteurs du secteur, ici celui les personnes âgées. L’implication participative réelle des familles et des bénévoles, la démocratie sanitaire résistent mal à cet état d’esprit.

La concurrence entraîne des conflits d’intérêts divergents qui appauvrissent ou interdisent une attitude réaliste et constructive face aux défis du temps comme les épidémies et les autres problèmes du quotidien.

Pourtant, même sans concurrence, l’émulation est toujours présente, fondée sur le désir de mieux faire qu’autrui dans sa profession ou son bénévolat ou même dans sa vie privée[2]. Chacun sait que l’émulation est au rendez-vous, même sans concurrence de type marchand.

Ainsi, doit-on mettre en concurrence des projets différents d’hébergement par exemple ? Entre deux structures, deux services, deux établissements. Mauvais calcul. Ma réponse est : non !

Si j’en crois mon expérience, ce sont l’entente, la coopération, l’interdisciplinarité, l’ouverture d’esprit, la curiosité scientifique, la tolérance, le sens du débat même s’il est vif, qui servent l’intérêt de la personne âgée vulnérable.


[2] Selon Larousse, sens commun : sentiment qui pousse à faire aussi bien ou mieux qu'un ou plusieurs autres dans diverses activités ; rivalité conçue comme une incitation au travail : Émulation en classe. https://www.larousse.fr/dictionnaires/francais/%C3%A9mulation/29029

 

Eloge des professionnels des EHPAD

15 Septembre 2020, 05:04am

Publié par Bernard Pradines

Eloge des professionnels des EHPAD

Par les temps qui courent, il faut de la motivation et de la persévérance pour honorer la noble tâche d’accompagner nos anciens en établissements pour personnes âgées.

Le travail y devient bien plus difficile du fait des mesures barrières parmi lesquelles le port permanent du masque, d’autres équipements individuels, l’éventuelle installation distanciée des résidents, les diverses désinfections, les nécessités de test à grande échelle. Le tout pour un salaire qui reste, à ma connaissance, assez loin de celui d’un PDG du CAC 40.

Avec des collègues qui peuvent être testées positives et donc absentes. Avec la fatigue accumulée lors de la « première vague ».

De plus, il s’agit aussi d’informer les familles des résidents à juste titre inquiètes, parfois franchement mécontentes. Les directions s’emploient à cette tâche, au moins en France et en Belgique pour ce que j’en sais. Les visites doivent être accompagnées car certaines d’entre elles ne sont pas précautionneuses et transgressent tranquillement les mesures élémentaires de prévention.

Si la situation s’aggrave comme à Séverac d’Aveyron au début du mois de septembre 2020, les bonnes volontés ne suffisent plus et une mobilisation citoyenne devient indispensable sous la forme d’un bénévolat de circonstance.

Cette situation critique fait mieux ressortir des nécessités parfois négligées en temps ordinaire : l’implication des familles à la connaissance et à la marche de l’établissement comme nous avions tenté, une psychologue et moi[1], de l’encourager en 2010. Avec un oubli de taille réclamé actuellement : les conseils de la vie sociale[2], instance participative pourtant prévue par décret en 2004.