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GérontoLiberté

Articles avec #benevolat

Nous pouvons tous être des aidants, bénévoles ou non, nous sommes génétiquement programmés !

15 Juillet 2014, 08:44am

Publié par Papi

Nous pouvons tous être des aidants, bénévoles ou non, nous sommes génétiquement programmés !

« Charité bien ordonnée commence par soi-même ». « C’est chacun pour soi ». « Dans la vie, personne ne te fera de cadeau ».

Tous ces lieux communs sont totalement ignorés par les soignants bénévoles qui acceptent d’agir dans la discrétion, de voir leur action parfois ignorée, de n’entendre des remerciements que de temps à autre.

Une étude publiée par Dacher Keltner, professeur de psychologie à Berkeley, université de Californie devrait les conforter dans leurs choix : la recherche moderne en psychologie vient de démontrer que nous avons naturellement tendance à nous intéresser aux personnes vulnérables, à celles qui ont besoin d’être protégées. S’inspirant de Darwin qui pensait que l’homme était naturellement bon, Keltner reprend sa formule pour la modifier et parle de survie des plus généreux.

Aider une personne déclenche une réaction chimique, la production d’une hormone, l’ocytocine. Cette hormone détend, mobilise le système nerveux pour nous inciter à aider les personnes vulnérables et à avoir une vie sociale active.

De plus, aider les personnes vulnérables a des effets positifs pour l’aidant. Différentes études ont montré que statistiquement ils étaient mieux intégrés dans la société, avaient une meilleure santé, déprimaient moins et vivaient plus longtemps !

Sources :

- un article de Melanie Haiken, http://www.caring.com/articles/caregiving-health?utm_content=20140415&utm_campaign=website&utm_source=suggests&utm_medium=email

- Une publication de Dacher Keltner, Born to Be Good: The Science of a Meaningful Life,

- Une publication de Stephanie Brown, professeur de médecine préventive, Informal Caregiving: A Reappraisal of Effects on Caregivers, Téléchargement payant (42$ !)

Cet article peut aussi se télécharger sur :

http://www.deepdyve.com/lp/wiley/informal-caregiving-a-reappraisal-of-effects-on-caregivers-u8DI0Pp47y Téléchargement payant ( 5 articles pour 20$) ou consultation gratuite pendant 5 minutes renouvelables toutes les 24h après enregistrement.

D’autres lectures sur le même thème :

Van Durme, Thérèse; Macq, Jean; Jeanmart, Caroline; Gobert, Micheline

International Journal of Nursing Studies , Volume 49 (4) – Apr 1, 2012

Abeni, Maurizio S.; Magni, Margherita; Conte, Martina; Mangiacavalli, Silvia; Pochintesta, Lara; ... [+]

Cancer Medicine , Volume 3 (1) – Feb 1, 2014

Hospice Caregivers' Experiences With Pain Management: “I'm Not a Doctor, and I Don't Know if I Helped Her Go Faster or Slower”

Oliver, Debra Parker; Wittenberg-Lyles, Elaine; Washington, Karla; Kruse, Robin L.; Albright, David L.; ... [+]

Journal of Pain and Symptom Management , Volume 46 (6) – Dec 1, 2013

Lettre à ceux que j’ai connus dans mon exercice professionnel

9 Juillet 2014, 06:15am

Publié par Bernard Pradines

« Non, je n’ai pas oublié ». C’est le titre d’une chanson bien connue. Pour ma part, je n’ai pas oublié les visages de ces personnes, le plus souvent très âgées, qui m’ont accompagné tout au long des 18 ans et demi d’exercice en soins de longue durée. Oui, davantage que je ne les ai moi-même accompagnées. Que de richesse dans leurs yeux et, quand la parole était encore possible, dans leurs propos.

Quand je lis le rapport de l’observatoire national de la fin de vie (ONFV, 2011), le sentiment de m’être inscrit, avec tous les autres, contre une fatalité sociale cruelle me revient avec une force inouïe. Je cite, à propos de la période historique récente, un extrait de ce rapport :

« Le mourant, livré à lui-même et à ses souffrances à défaut de pouvoir en être délivré, est alors progressivement apparu comme la figure moderne du damné : condamné soit à faire l’objet d’un acharnement thérapeutique de la part d’une médecine qui refusait obstinément la mort, soit à être insidieusement remisé dans les « dépôts » des hôpitaux, véritables oubliettes de la modernité, privé de parole et victime d’une mise à mort sociale avant même sa mort physique. »

Voici, chers lecteurs, ce que nous avons fait mentir contre vents et marées, contre l’indifférence, voire l’hostilité. La difficulté fut immense. Il ne pouvait pas en être autrement, hier comme aujourd’hui. Nous avons parlé et agi, nous continuerons à le faire jusqu’à notre dernier souffle pour faire mentir l’ONFV.

Je veux rendre hommage à tous ceux, bénévoles ou professionnels, disparus et vivants, qui ont compris le sens de ce combat, l’ont partagé ainsi qu’à celles et ceux qui le poursuivent. Qu’ils sachent qu’ils ne sont pas seuls, que partout en France où je me rends pour prolonger ma tâche, des femmes et des hommes veulent mettre l’humain au centre de notre destinée.

Etablissement américain pour personnes âgées : le quotidien d’un résident

7 Janvier 2014, 09:26am

Publié par Papi

Etablissement américain pour personnes âgées : le quotidien d’un résident
Un résident auteur d’un blog donne son point de vue sur les conditions de vie dans une institution américaine. Judith Graham, journaliste du New York Times a donné à Martin Bayne l’occasion de s’exprimer.
En voici de larges extraits.

Q. –Vous souffrez ?

R. –Je souffre 80% du temps. Mais ce n’est rien par rapport à la souffrance psychologique.

Q. – Que voulez-vous dire ?

R. – On se répète continuellement « tout va bien, pas de problème.» Mais, tout au fond de nous, nous savons que tout ne va pas bien. Le cauchemar de l’anxiété, de la dépression me hante en permanence. Et je ne suis pas le seul. C’est le cas de tout le monde autour de moi. Mais personne ne veut parler de la douleur qu’il ressent. Personne ne veut dire à quel point il se sent seul, oublié du monde qui l’entoure.

Q. –Que peut-on faire ?

R. –Quelquefois il suffit de toucher une main, une épaule. De ramasser une fourchette que quelqu’un a laissé tomber à la salle à manger. De s’assoir simplement à côté de quelqu’un. D’essayer de soulager celui qui souffre. Ces petites choses sont de petites victoires. Je touche les autres chaque fois que j’en ai l’occasion. Les hommes ont besoin d’être touchés. On ne les touche jamais. C’est contraire à nos usages. Quand vous les touchez, vous établissez une connexion magique.

Q. – Que pensez- vous des visiteurs (en France : bénévoles) ? Apportent-ils quelque chose ?

R. – J’ai rencontré des gens formidables. Quand ils franchissent la porte, ils n’ont aucune idée de ce qu’ils ont sous les yeux. Ils sont dans un monde, nous sommes dans un autre. Par conséquent on se contente de parler de petits riens. S’ils vous disent « comment vous sentez vous aujourd’hui ? Vous avez dragué les infirmières ? » C’est mieux que de vous dire : « j’ai entendu dire que vous alliez mourir. Est-ce que peux faire quelque chose pour vous ? »

Q. – Que feriez-vous si vous aviez les pleins pouvoirs ?

R. – Quand quelqu’un viendrait dans l’intention de s’inscrire, on l’installerait avec dix autres résidents et on lui demanderait : "qu’est-ce qui vous passionne dans la vie ? Qu’est-ce qui vous intéresse ? Que voulez-vous faire de votre vie ?" Si vous n’avez pas de réponse à ces questions on ne vous veut pas. Ici nous voulons former une communauté vivante.

Ensuite, on vous ferait visiter les lieux. On vous ferait comprendre que vous êtes quelqu’un d’important pour nous. On vous trouverait un travail à faire, quelque chose qui pourrait être très simple mais avec une responsabilité de tous les jours.

Et toutes les semaines on se réunirait. On parlerait de ce qui nous paraît important. On établirait un contact physique, on danserait. On ferait de l’exercice tous les jours, c’est très important : montrez que vous voulez profiter le plus possible des jours qui vous restent à vivre. Pour la même raison, trouvez-vous de vraies activités intellectuelles ! Pas de celles qui ne font que tuer le temps avant le grand départ.

Q. – Et ce sentiment de désespoir ?

R. – Il y en aura toujours. Il y aura toujours des gens qui comme moi ont connu une vie formidable. Et qui maintenant essaient de garder la tête hors de l’eau à côté de gens qui meurent constamment, qui perdent la raison. Quand ça devient insupportable vous devez vous trouver une occupation. Moi j’ai mon ordinateur et j’écris.

Q. – Voyez- vous des signes d’amélioration possible ?

R. – Les choses changeront vraiment quand le personnel ne sera pas sous-payé, qu’il sera plus nombreux. Qu’on traitera les soignants comme des êtres humains, comme nous aimerions qu’on nous traite, nous. Sans ça, on n’avancera pas.

Source : http ://newoldage.blogs.nytimes.com/2013/03/20/how-to-live-in-assisted-living/

Le blog de Martin Baynes : http://thevoiceofagingboomers.com/