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GérontoLiberté

Articles avec #demences

Démence : la prévention est possible

4 Août 2017, 05:11am

Publié par Louis Lacaze et Bernard Pradines

Démence : la prévention est possible

 

47 millions de patients sont atteints de démence dans le monde et leur nombre aura triplé en 2050, entrainant un coût énorme sur le plan humain, financier et sur la société en général.

 

Les chercheurs ont noté que si le nombre de cas augmentait régulièrement dans certaines populations, il diminuait dans d’autres. Ils se sont efforcés de relever les facteurs expliquant ces différences. Ils ont pu noter que certains risques étaient d’origine génétique et non modifiables. Le principal risque génétique (Apolipoprotéine allèle ε4) ne serait contributif que dans 7 % des cas. 

La démence n’est pas une conséquence inévitable du vieillissement. Beaucoup de facteurs délétères pourraient être traités. Le mode de vie peut soit réduire, soit augmenter le risque de présenter une telle symptomatologie. L’application d’un certain nombre de mesures pourrait en principe éliminer plus du tiers des cas.

 

Au début de la vie, interrompre les études avant le secondaire contribuerait à 8 % des cas. Un bon niveau d’instruction atteint à l’âge de 10-12 ans procure une réserve cognitive qui permet au cerveau de fonctionner correctement malgré les pathologies incidentes.

 

Au milieu de la vie, période définie ici entre 45 et 65 ans, l’hypertension artérielle et l’obésité seraient impliquées dans 3 % des cas.  La perte auditive est évoquée dans 9% des cas.

Le déficit de l’ouïe n’a été reconnu comme facteur de démence que récemment. On ne sait pas si l’utilisation d’aides auditives peut retarder ou supprimer l’apparition de démence. Hypothèses : cette perte peut soit augmenter la charge de travail d’un cerveau fragilisé, soit être un facteur d’isolement ou de dépression qui peut accélérer le déclin cognitif.

 

Après 65 ans, ce sont 15 % des facteurs attribuables qui  seraient liés à la dépression, au diabète, à l’inactivité physique, au tabagisme et à l’isolement social.

La dépression affecte les hormones de stress, le facteur de croissance des neurones et le volume de l’hippocampe. Les antidépresseurs, de plus en plus souvent prescrits, pourraient diminuer la production de protéine amyloïde.

On retrouve ici les facteurs connus de risque vasculaire susceptibles de provoquer, au niveau cérébral, athérosclérose et lésions micro et macro vasculaires probablement pourvoyeuses de dégénérescence des neurones.

La solitude augmente le risque d’hypertension, de dépression. Elle peut entrainer une inactivité cognitive qui accélèrera le déclin des capacités intellectuelles. Les personnes qui vivent seules, ne se sont jamais mariées ou sont veuves voient leur risque de démence augmenté et devront être particulièrement surveillées pour éviter le risque de solitude.

Un régime alimentaire méditerranéen comportant peu de viande et de produits laitiers, beaucoup de légumes, de fruits et de poisson, a des effets nettement protecteurs.

 

Les chercheurs n’ont pas pris en compte les effets éventuels de la pollution atmosphérique ou des troubles du sommeil, pourtant susceptibles de faire partie des risques modifiables.

 

Cette étude fait écho à celle qui fut publiée dans la même revue en 2014 (Norton et al, 2014) qui soulignait l’importance de l’éducation dans le pays en voie de développement et des facteurs de risque vasculaires en pays dits développés.

 

En somme, si ceci était possible, la correction de ces facteurs pourrait prévenir 35 % des cas de démence. Cette prévention devrait être précoce car il apparait de plus en plus évident que la démence n’est plus considérée comme une pathologie du grand âge mais comme une affection du  milieu de la vie cliniquement silencieuse.

 

Sources :

 

Etude complète:

Livingston G, Sommerlad A, Orgeta V, Costafreda SG, Huntley J, Ames D, Ballard C, Banerjee S, Burns A, Cohen-Mansfield J, Cooper C, Fox N, Gitlin LN, Howard R, Kales HC, Larson EB, Ritchie K, Rockwood K, Sampson EL, Samus Q, Schneider LS, Selbæk G, Teri L, Mukadam N. Dementia prevention, intervention, and care. Lancet 2017 Jul 19.

 

  • Présentation de l’étude par Medpage :

Présentation de l’article du Lancet par le rédacteur en chef :

Preparing for later life today

 

Norton S, Matthews FE, Barnes DE, Yaffe K, Brayne C. Potential for primary prevention of Alzheimer's disease: an analysis of population-based data. Lancet Neurol. 2014 Aug;13(8):788-94.

Une heure de sieste entretient le cerveau des séniors

30 Mai 2017, 05:17am

Publié par Louis Lacaze

Une heure de sieste entretient le cerveau des séniors

De nombreuses études ont souligné l’effet bénéfique d’une courte sieste d’environ dix minutes sur les performances individuelles tandis qu’une sieste d’une durée supérieure pourrait perturber le sommeil nocturne.

Dans une étude publiée par la société américaine de gériatrie, Junxin Li, professeur à l’université de Pennsylvanie à Philadelphie, s’est intéressé à la sieste de 3000 Chinois de plus de 65 ans. Soixante pour cent d’entre eux faisaient régulièrement une sieste qui pouvait durer de 30 à 90 minutes, en moyenne d’une heure. Les participants ont subi divers tests de mémoire, de calcul, de logique. Les résultats de ceux qui dormaient une heure étaient jusqu’à six fois meilleurs que ceux qui dormaient moins d’une heure, plus d’une heure, ou qui ne faisaient pas de sieste du tout. La différence du niveau de performance correspondait à celle qui accompagne normalement un vieillissement de cinq ans. Toutefois, l’étude n’a pas cherché à établir une relation de cause à effet entre une sieste d’une heure et les capacités mentales des participants.

Il est intéressant de citer une autre étude de Junxin Li s’intéressant aux personnes âgées hébergées dans un établissement d’accueil et dormant plus de deux heures pendant la journée. Ces personnes présentaient des troubles cognitifs plus accentués, davantage de pathologies et s’intéressaient moins aux activités proposées. Les auteurs de l’étude constatent que ces activités s’adressent principalement aux résidents ne présentant pas de handicaps majeurs et suggèrent qu’une catégorie différente d’activités soit proposée aux autres personnes pour les amener à s’intégrer socialement à la communauté.

Commentaires de Bernard Pradines : si des liens peuvent être établis, les causalités sont plus difficiles à préciser. En effet, effectuer de longues siestes est une situation connue comme étant associée à un état apathique, régressif, à la fatigue, à une pathologie chronique, à des apnées du sommeil, voire à une somnolence liée à l'absorption de psychotropes sédatifs. Il est encore plus difficile de s'approcher du rôle délétère éventuel de l'absence de sieste : hypervigilance anxieuse, non-respect des rythmes circadiens, persistance de comportements sociaux adultes désormais inadaptés… Mieux, il serait intéressant d’étudier pourquoi ces personnes âgées ne s’adonnent pas à la sieste.

Une corrélation entre les seniors victimes d’escroqueries et leur cerveau ?

26 Mai 2017, 05:12am

Publié par Louis Lacaze

Une corrélation entre les seniors victimes d’escroqueries et leur cerveau ?

Trop souvent des seniors se retrouvent victimes de démarcheurs qui réussissent à leur vendre des placements miracles ou des produits dont ils n’ont nul besoin. Pour conserver leur indépendance, les aînés doivent rester aptes à compter la monnaie, payer les factures, gérer un compte en banque ou choisir leurs investissements financiers. Ces activités exigent des connaissances mathématiques, de la mémoire, de l’attention, l’aptitude à prendre les bonnes décisions au bon moment et du bon sens.

Des auteurs ont soumis des personnes atteintes de déficit cognitif léger à des séries de batteries de tests mesurant leurs facultés de gestion et ont recherché d’éventuelles corrélations avec des modifications de différentes zones du cerveau objectivées par IRM. Aucune activité cérébrale particulière n’a pu être détectée de façon indiscutable à ce jour.

Des corrélations intéressantes ont toutefois frappé les chercheurs.

Une modification du volume du gyrus angulaire, zone du cerveau impliquée dans le calcul a pu être notée. Une diminution du volume du cortex frontal médian, région impliquée dans les capacités d’attention et d’acquisition cognitives, accompagne une baisse des résultats des tests de capacité financière chez les personnes légèrement atteintes de la maladie d’Alzheimer.

D’autres recherches ont montré que des personnes ne présentant aucun signe de démence mais victimes potentielles d’escrocs d’après les résultats obtenus aux tests administrés présentaient moins de substance grise dans l’ensemble du cerveau et en particulier dans les lobes frontaux et temporaux. Des recherches plus avancées devront rechercher si ces modifications sont annonciatrices d’une vulnérabilité des seniors face aux sollicitations douteuses.

Les chercheurs espèrent que les progrès de la recherche contribueront à conserver et à améliorer les capacités de gestion des seniors, pas seulement à prédire leur déclin. Ils souhaitent qu’un jour il soit possible de renforcer, de protéger les zones du cerveau impliquées dans le domaine financier.

Commentaires de Bernard Pradines : l’étude française PAQUID a identifié quatre conséquences cognitives susceptibles d’orienter vers une démence débutante. Parmi elles figure la gestion défaillante du budget familial quand elle était assurée auparavant par la personne considérée.

Source.

Quatre références sont inclues dans la publication suivante :

et aussi :

Seniors Often Have Trouble Managing Money, Medicines  https://medlineplus.gov/news/fullstory_165025.html

 

Researchers from the Netherlands did, and found that the vast majority of seniors over age 85 needed help with finances.