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GérontoLiberté

Articles avec #demences

Euthanasie contre la volonté du patient ?

10 Mars 2017, 06:39am

Publié par Bernard Pradines

La revue en ligne « Gènéthique » fait état d’une euthanasie qui aurait été pratiquée aux Pays-Bas contre la volonté de la patiente.

A ce propos je suis frappé par la difficulté des participants, lors de mes conférences-débats et formations de professionnels, à définir l’euthanasie. Beaucoup avancent la technique employée, d’autres ne situent pas ce geste dans des conditions précises de diagnostic, de pronostic, de légalité et de modalités. Surtout, c’est la demande de la personne qui est oubliée, confondant ainsi l’homicide et l’euthanasie.

Si l’on écoute l’ONFV (Observatoire National de la Fin de Vie) dans son rapport de 2011, la définition suivante de l’euthanasie devrait être retenue : « un tiers met intentionnellement fin à la vie d’une personne à sa demande, afin de faire cesser une situation qu’elle juge insupportable ».

L’ONFV poursuit un peu plus loin dans le même rapport en précisant cette définition :

 « Euthanasie et suicide assisté sont donc tous deux caractérisés par une demande explicite du patient de mourir, mais dans le second cas l’assistance du médecin se limite à prescrire et/ou fournir à la personne concernée les médicaments qui lui permettront de se donner la mort. »

Ainsi, il n’existerait jamais d’euthanasie « contre la volonté de la patiente ».

Sources :

J’ai visité le premier village Alzheimer au monde

27 Janvier 2017, 06:52am

Publié par Bernard Pradines

J’ai visité le premier village Alzheimer au monde

Pourquoi un village ? Pourquoi pas une résidence traditionnelle telle qu’un EHPAD ?

Pourquoi ne pas répartir ces personnes âgées de plus de 65 ans, désorientées, souffrant de troubles cognitifs sévères, dans des unités situées dans des villages existants comme à Saint-Nazaire ?

Pourquoi ce premier village ? Il fut inauguré en 2009 près d’Amsterdam aux Pays-Bas. D’autres sont en cours de réalisation, tel que celui qui est en projet à Dax en France.

Ceux qui ont conçu et réalisé « De Hogeweyk » ont donné de l’espace en plein air aux 152 résidents. Ils ont voulu procurer liberté et voisinage comme dans une vraie localité. La seule issue extérieure est surveillée visuellement à l’aide d’un sas. Mais les portes des parties communes s’ouvrent automatiquement lors de toute approche, y compris celle de l’ascenseur qui navigue automatiquement entre les deux niveaux.

Les résidents sont répartis et regroupés en affinités en fonction d’études issues des sciences humaines selon leur « style de vie » antérieur et leur choix éventuel.

Résidents, familles, professionnels et bénévoles bénéficient d’un environnement conçu au plus près de l’image de la vie du pays : places et rues portent un nom habituel, on y trouve entre autres un supermarché, un bar-restaurant, un salon de coiffure et de beauté, un salon de musique, une médiathèque et même un théâtre.

Le rassemblement en un vaste lieu unique autorise ces facilités autrement inconcevables si les unités de 6 ou 7 résidents de « De Hogeweyk » étaient dispersées dans des sites distincts et distants.

L’ameublement et la décoration se rapprochent au maximum de l’habitat normal des occupants. Tout est étudié pour ressembler à la vie quotidienne jusque dans les moindres détails. Quant à eux, les intervenants, quelles que soient leurs professions, sont spécialement informés des pathologies accompagnées.

Bien sûr, il y a toujours un revers à la médaille ; par exemple, une telle expérience pilote coûte cher à la collectivité néerlandaise et n’est assurément pas exportable à l’identique. Pourtant, je suis reparti troublé par ma visite du 17 août 2016.

Il n’existe aucune solution idéale, chacun le sait. Toutefois, le principe du village hollandais devenu réalité serait-il la moins mauvaise proposition pour des personnes dont le séjour à domicile n’est plus possible ?

Est-il possible d’ignorer « De Hogeweyk » ?

Pour en savoir plus :