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GérontoLiberté

Articles avec #demences

Une heure de sieste entretient le cerveau des séniors

30 Mai 2017, 05:17am

Publié par Louis Lacaze

Une heure de sieste entretient le cerveau des séniors

De nombreuses études ont souligné l’effet bénéfique d’une courte sieste d’environ dix minutes sur les performances individuelles tandis qu’une sieste d’une durée supérieure pourrait perturber le sommeil nocturne.

Dans une étude publiée par la société américaine de gériatrie, Junxin Li, professeur à l’université de Pennsylvanie à Philadelphie, s’est intéressé à la sieste de 3000 Chinois de plus de 65 ans. Soixante pour cent d’entre eux faisaient régulièrement une sieste qui pouvait durer de 30 à 90 minutes, en moyenne d’une heure. Les participants ont subi divers tests de mémoire, de calcul, de logique. Les résultats de ceux qui dormaient une heure étaient jusqu’à six fois meilleurs que ceux qui dormaient moins d’une heure, plus d’une heure, ou qui ne faisaient pas de sieste du tout. La différence du niveau de performance correspondait à celle qui accompagne normalement un vieillissement de cinq ans. Toutefois, l’étude n’a pas cherché à établir une relation de cause à effet entre une sieste d’une heure et les capacités mentales des participants.

Il est intéressant de citer une autre étude de Junxin Li s’intéressant aux personnes âgées hébergées dans un établissement d’accueil et dormant plus de deux heures pendant la journée. Ces personnes présentaient des troubles cognitifs plus accentués, davantage de pathologies et s’intéressaient moins aux activités proposées. Les auteurs de l’étude constatent que ces activités s’adressent principalement aux résidents ne présentant pas de handicaps majeurs et suggèrent qu’une catégorie différente d’activités soit proposée aux autres personnes pour les amener à s’intégrer socialement à la communauté.

Commentaires de Bernard Pradines : si des liens peuvent être établis, les causalités sont plus difficiles à préciser. En effet, effectuer de longues siestes est une situation connue comme étant associée à un état apathique, régressif, à la fatigue, à une pathologie chronique, à des apnées du sommeil, voire à une somnolence liée à l'absorption de psychotropes sédatifs. Il est encore plus difficile de s'approcher du rôle délétère éventuel de l'absence de sieste : hypervigilance anxieuse, non-respect des rythmes circadiens, persistance de comportements sociaux adultes désormais inadaptés… Mieux, il serait intéressant d’étudier pourquoi ces personnes âgées ne s’adonnent pas à la sieste.

Une corrélation entre les seniors victimes d’escroqueries et leur cerveau ?

26 Mai 2017, 05:12am

Publié par Louis Lacaze

Une corrélation entre les seniors victimes d’escroqueries et leur cerveau ?

Trop souvent des seniors se retrouvent victimes de démarcheurs qui réussissent à leur vendre des placements miracles ou des produits dont ils n’ont nul besoin. Pour conserver leur indépendance, les aînés doivent rester aptes à compter la monnaie, payer les factures, gérer un compte en banque ou choisir leurs investissements financiers. Ces activités exigent des connaissances mathématiques, de la mémoire, de l’attention, l’aptitude à prendre les bonnes décisions au bon moment et du bon sens.

Des auteurs ont soumis des personnes atteintes de déficit cognitif léger à des séries de batteries de tests mesurant leurs facultés de gestion et ont recherché d’éventuelles corrélations avec des modifications de différentes zones du cerveau objectivées par IRM. Aucune activité cérébrale particulière n’a pu être détectée de façon indiscutable à ce jour.

Des corrélations intéressantes ont toutefois frappé les chercheurs.

Une modification du volume du gyrus angulaire, zone du cerveau impliquée dans le calcul a pu être notée. Une diminution du volume du cortex frontal médian, région impliquée dans les capacités d’attention et d’acquisition cognitives, accompagne une baisse des résultats des tests de capacité financière chez les personnes légèrement atteintes de la maladie d’Alzheimer.

D’autres recherches ont montré que des personnes ne présentant aucun signe de démence mais victimes potentielles d’escrocs d’après les résultats obtenus aux tests administrés présentaient moins de substance grise dans l’ensemble du cerveau et en particulier dans les lobes frontaux et temporaux. Des recherches plus avancées devront rechercher si ces modifications sont annonciatrices d’une vulnérabilité des seniors face aux sollicitations douteuses.

Les chercheurs espèrent que les progrès de la recherche contribueront à conserver et à améliorer les capacités de gestion des seniors, pas seulement à prédire leur déclin. Ils souhaitent qu’un jour il soit possible de renforcer, de protéger les zones du cerveau impliquées dans le domaine financier.

Commentaires de Bernard Pradines : l’étude française PAQUID a identifié quatre conséquences cognitives susceptibles d’orienter vers une démence débutante. Parmi elles figure la gestion défaillante du budget familial quand elle était assurée auparavant par la personne considérée.

Source.

Quatre références sont inclues dans la publication suivante :

et aussi :

Seniors Often Have Trouble Managing Money, Medicines  https://medlineplus.gov/news/fullstory_165025.html

 

Researchers from the Netherlands did, and found that the vast majority of seniors over age 85 needed help with finances.

 

Un équilibre sociétal insatisfaisant : la honte

21 Avril 2017, 05:12am

Publié par Bernard Pradines

Image issue du blog : http://www.psy-luxeuil.fr/article-la-honte-selon-la-psychanalyse-115156522.html

Image issue du blog : http://www.psy-luxeuil.fr/article-la-honte-selon-la-psychanalyse-115156522.html

La situation des personnes âgées dépendantes et malades est le résultat de plusieurs impératifs qui agitent notre société. En mathématiques, on parle de « vecteur résultant ».

Les familles sont désormais souvent dispersées. La mission ancestrale qui consistait à vivre et à accompagner ses parents dans un domicile commun s’est éloignée.

Chacun est contraint par son travail dont on pensait qu’il serait libérateur.

Qu’on le reconnaisse ou non, en établissement, les nécessités alléguées d’économies de personnel entrent en conflit avec les recommandations de bonne pratique. Quelques exemples : l’histoire de vie est trop vite esquissée, la toilette et les repas sont effectués trop rapidement, le repas du soir est servi trop tôt, le lit est trop souvent imposé chez des personnes qui souhaiteraient et pourraient rester assises ou même debout. Il est encore souvent refusé pour la sieste car nécessitant un nouveau lever après celle-ci. Des tranquillisants et des somnifères sont utilisés, censés calmer et même faire dormir des personnes qui se trouvent alitées pendant plus de douze heures alors que leurs besoins de sommeil ne dépassent guère cinq heures pour la plupart d’entre elles.

Il me fallut du temps pour comprendre et admettre cette évidence : les responsables administratifs de mon établissement ne parvenaient pas à nous écouter car ils n’avaient pas les moyens de modifier une situation qui leur faisait honte.