Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

GérontoLiberté

Articles avec #douleurs

Le cannabis : un antalgique ?

25 Juillet 2017, 05:51am

Publié par Bernard Pradines

Le cannabis : un antalgique ?

Une offensive commerciale concernant la marijuana vise actuellement les maisons de retraite aux USA. Cette plante contient essentiellement du tétrahydrocannabinol (THC).

Cette molécule aurait des vertus thérapeutiques contre les douleurs neuropathiques, les spasmes musculaires liés à la sclérose en plaques, la perte non intentionnelle de poids ainsi que les nausées et vomissements liés aux chimiothérapies anticancéreuses (1). Elle pourrait aussi trouver un intérêt dans la maladie d’Alzheimer à début tardif (2).

Pourtant, les études menées dans ces domaines sont loin d’être concluantes. Pour Andreae (3), un patient sur cinq ou six verrait une amélioration à court terme des douleurs neuropathiques.

Pour Hill (4), les bénéfices ne font pas consensus dans la littérature.

Whitin (5) écrit, dans une revue de la littérature, que les preuves de l’utilité des cannabinoïdes contre la douleur chronique et la spasticité sont de qualité moyenne. Ces preuves sont de mauvaise qualité pour l’amélioration des nausées et vomissements liés aux chimiothérapies ainsi que pour la prise de poids au cours de l’infection à HIV, sur les troubles du sommeil ou dans le syndrome de Tourette. De plus, cet auteur met en garde les prescripteurs contre le risque d’effets indésirables graves. Il cite les vertiges, la xérostomie, les nausées, la fatigue, la somnolence, l’euphorie, les vomissements, la désorientation, la confusion, la perte d’équilibre et les hallucinations.

Schrot (6) évoque des troubles mnésiques, ceux de la coordination et du jugement, l'altération cognitive et la bronchite chronique. Il pointe aussi le risque d’accident automobile. Un espoir pourrait venir de l’action thérapeutique sur le système endogène cannabinoïde (« endocannabinoïde ») afin d’améliorer les effets bénéfiques et de diminuer les effets secondaires.

En conclusion, le débat n’est pas clos sur l’intérêt du THC en thérapeutique. Il reste toutefois parasité par les utilisations dites récréatives de cette substance. Enfin, de nouvelles études sont encore nécessaires pour en cerner la balance bénéfice / risque.

(1) Hu Winnie

(2) Ahmed A, van der Marck MA, van den Elsen G, Olde Rikkert M. Cannabinoids in late-onset Alzheimer's disease. Clin Pharmacol Ther. 2015 Jun;97(6):597-606. doi: 10.1002/cpt.117. Review.

(3) Andreae MH, Carter GM, Shaparin N, Suslov K, Ellis RJ, Ware MA, Abrams DI, Prasad H, Wilsey B, Indyk D, Johnson M, Sacks HS. Inhaled Cannabis for Chronic Neuropathic Pain: A Meta-analysis of Individual Patient Data. J Pain. 2015 Dec;16(12):1221-32.

(4) Hill KP. Medical Marijuana for Treatment of Chronic Pain and Other Medical and Psychiatric Problems: A Clinical Review. JAMA. 2015 Jun 23-30;313(24):2474-83.

(5) Whiting PF, Wolff RF, Deshpande S, Di Nisio M, Duffy S, Hernandez AV, Keurentjes JC, Lang S, Misso K, Ryder S, Schmidlkofer S, Westwood M, Kleijnen J. Cannabinoids for Medical Use: A Systematic Review and Meta-analysis. JAMA. 2015 Jun 23-30;313(24):2456-73.

(6) Schrot RJ, Hubbard JR. Cannabinoids: Medical implications. Ann Med. 2016;48(3):128-41. doi: 10.3109/07853890.2016.1145794. Review.

Douleur et « virage ambulatoire »

24 Mars 2017, 06:51am

Publié par Bernard Pradines

Douleur et « virage ambulatoire »

La pratique de l’écriture s’est généralisée dans notre pays. Les soignants de toutes professions écrivent de plus en plus sur papier et surtout sur ordinateur. Ceci se justifie par la nécessité  d’assurer une transmission de qualité et une traçabilité qui permettra surtout d’étudier un dossier et d’en rendre compte en cas de litige. D’où une charge de travail accrue et une présence moindre auprès des patients.

Pourtant, certaines pratiques échappent à cette considération. Je voudrais ici en citer une dont j’ai été témoin.

Un patient se plaint de douleurs en salle dite « de réveil » après une intervention chirurgicale. Il lui est immédiatement administré un opioïde, à savoir de la morphine injectable. Plus tard, le patient se plaint à nouveau bien que ses cris aient cessé. Malgré le délai écoulé depuis l’injection, il lui est objecté qu’il ne pourra pas sortir de l’établissement au cours de l’après-midi comme prévu si l’on continue à lui administrer cet opioïde.

Autrement dit, c’est la disposition administrative qui prévaut et non la lutte contre la douleur chez ce patient.

Ethique, où es-tu ?