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GérontoLiberté

Articles avec #ethique

Douleur et « virage ambulatoire »

24 Mars 2017, 06:51am

Publié par Bernard Pradines

Douleur et « virage ambulatoire »

La pratique de l’écriture s’est généralisée dans notre pays. Les soignants de toutes professions écrivent de plus en plus sur papier et surtout sur ordinateur. Ceci se justifie par la nécessité  d’assurer une transmission de qualité et une traçabilité qui permettra surtout d’étudier un dossier et d’en rendre compte en cas de litige. D’où une charge de travail accrue et une présence moindre auprès des patients.

Pourtant, certaines pratiques échappent à cette considération. Je voudrais ici en citer une dont j’ai été témoin.

Un patient se plaint de douleurs en salle dite « de réveil » après une intervention chirurgicale. Il lui est immédiatement administré un opioïde, à savoir de la morphine injectable. Plus tard, le patient se plaint à nouveau bien que ses cris aient cessé. Malgré le délai écoulé depuis l’injection, il lui est objecté qu’il ne pourra pas sortir de l’établissement au cours de l’après-midi comme prévu si l’on continue à lui administrer cet opioïde.

Autrement dit, c’est la disposition administrative qui prévaut et non la lutte contre la douleur chez ce patient.

Ethique, où es-tu ?

Maltraitance : parlez-en à votre coiffeur !

21 Mars 2017, 06:41am

Publié par Louis Lacaze

Depuis le 1er janvier les coiffeurs de l’état de l’Illinois remplissent une fonction inattendue précédée d’une formation particulière leur permettant de repérer les traces de maltraitance sur leurs clientes et clients, puis de les amener à se confier. Ils pourront éventuellement signaler les cas de maltraitance aux services compétents sans courir le risque d’être poursuivis en justice mais chercheront surtout à inciter les victimes à contacter directement les services concernés.

Beaucoup de femmes considèrent un salon de coiffure comme un lieu sécurisé où elles se retrouvent en communauté. Elles peuvent faire à leur coiffeur des confidences qu’elles ne feraient à personne d’autre. La conversation peut durer des heures, accompagnée d’un contact physique très personnel qui ne se rencontre que dans très peu de professions et crée un lien très particulier entre le professionnel et la clientèle.

Les boxeurs et autres adeptes de sports violents sont loin d’être les seuls à souffrir des coups qu’ils ont reçus. Un conjoint violent peut frapper son épouse à la tête pour ne pas laisser de marques visibles. Les conséquences de ces actes de violence sont maintenant connues : instabilité psychologique, sautes d’humeur, altération de la personnalité, perte de mémoire, démence. Elles apparaissent clairement lors de l’examen du cerveau au cours d’une autopsie. Le Dr Jacquelyn Campbell, professeur de médecine insiste pour qu’une patiente qui se présente avec un œil « au beurre noir » soit systématiquement soumise à des tests et examens neurologiques pour vérifier si le cerveau a été touché.

Sources :

Kastalia Medrano :

Décès médicalement assistés ou soins palliatifs. Une question de choix ?

17 Mars 2017, 06:29am

Publié par Louis Lacaze

En septembre 2015, l’Etat de Californie et le Royaume-Uni ont examiné un projet de loi pratiquement identique visant à autoriser les décès médicalement assistés. Le projet a été voté en Californie et rejeté au Royaume-Uni. Les médecins américains ont recherché des explications permettant de comprendre cette approche variable de la fin de vie dans des pays différents.

Tout d’abord, ils ont noté qu’historiquement les Américains considèrent avec une certaine méfiance le gouvernement, l’administration, les soins médicaux de plus en plus complexes et  agressifs. Ils mettent en avant la liberté individuelle et la possibilité de faire des choix personnels jusqu’à la fin de la vie.

Des études ont montré que cette approche où l’autonomie du malade est prioritaire reléguait au second plan les soins palliatifs dans les établissements de santé.  Les malades ne recevaient que peu d’informations sur les soins disponibles, les médecins négligeaient leur devoir d’informer et de guider leurs patients et couraient le risque de les abandonner alors qu’ils étaient particulièrement vulnérables.

Les Britanniques ont une expérience des soins palliatifs déjà ancienne et jugent que se tourner vers le suicide assisté est un constat d’échec. Logiquement, ils ont donc refusé une solution qu’ils considéraient de facilité pour veiller en priorité à apporter un soutien médical et psychologique de qualité aux malades.

L’auteure de l’article présenté ici a pu noter que, dans les états américains autorisant les décès médicalement assistés, il n’y avait que peu de demandes, qu’il était parfois difficile de trouver un médecin acceptant de prescrire un produit mortel. Elle pense que la recherche d’une mort digne ne passe pas obligatoirement par  l’autorisation du suicide médicalement assisté mais plutôt par la mise à la disposition de tous d’une infrastructure de soins palliatifs de qualité.

Une contribution du Dr Laura Petrillo aborde le problème sous un angle  différent : revient-il au praticien de prendre les devants ? La question se pose surtout pour les malades qui n’ont pas rempli de directives anticipées, ceux qui ne se retrouvent pas sur un pied d’égalité avec leur médecin. Soit ils se sentiront sécurisés puisque celui-ci aborde librement le sujet, soit ils se sentiront abandonnés, auront l’impression que leur vie n’a que peu de valeur, que l’avenir est si sombre qu’une mort rapide est préférable. Un dernier élément doit être pris en compte : le système de valeurs du praticien  ne correspond pas obligatoirement à celui du patient, même s’il présente un profil permettant d’envisager un décès médicalement assisté.

Source :

Elizabeth Dzeng 

Dr Laura Petrillo MD