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GérontoLiberté

Articles avec #geriatrie

Six fausses bonnes idées à éviter pendant la canicule

21 Juin 2017, 05:22am

Publié par Bernard Pradines

Bien que ce texte ("Six fausses idées ...") soit parfois formulé en termes discutables, l'essentiel de son message nous semble important. La priorité de l’hydratation doit laisser place à celle du rafraichissement de l’environnement, en particulier chez les personnes âgées. Nous ne rappellerons pas le danger de certaines situations pathologiques et celui de certains médicaments (voir le site de l'ANSM).

On trouvera des recommandations sur le site du ministère de la santé à l'adresse ci-dessous :

Placebo non dissimulé : efficacité ?

9 Juin 2017, 05:47am

Publié par Bernard Pradines

Je suis longtemps demeuré perplexe devant le placebo considéré comme inefficace quand il est comparé à un traitement antalgique réputé actif.

En effet, le placebo sert de référence pour évaluer l’efficacité ou l’inefficacité d’une substance dite active. Or, après l’avoir longtemps supposé, chacun sait désormais que le placebo possède une action, en particulier dans domaine de la douleur (Vase et al, 2015). Déjà en 2010, Kaptchuk (Kaptchuk et al, 2010) avait mis en évidence une action favorable du placebo non dissimulé chez des patients souffrant du syndrome de l’intestin irritable.

Par ailleurs, les médicaments antalgiques comportent une part d’effet placebo dans leur action thérapeutique. Cet aspect n’est pas suffisamment exploité dans la relation thérapeutique ; il n’est pas rare qu’un patient ne connaisse pas les propriétés antalgiques du médicament prescrit.

Une étude venue du Portugal vient encore bousculer les préjugés et jeter un peu plus de lumière sur cette situation (Carvalho et al, 2016).

Les auteurs ont étudié la réponse antalgique au traitement habituel et celle obtenue sous placebo pendant trois semaines, les 83 patients souffrant de lombalgies chroniques étant informés qu’il s’agissait d’un placebo. Ces patients consentants avaient été tirés au hasard et les résultats de l’évaluation de la douleur et de l’incapacité ont été comparés à ceux de la série témoin sans placebo.

Les résultats sont instructifs :

Le groupe sous traitement sans placebo a vu sa douleur réduite de 9 % pour la douleur habituelle et de 16 % pour la douleur maximale. Mais le groupe sous placebo déclarait une réduction de 30 % pour ces deux évaluations. Mieux, ce dernier groupe déclarait une réduction de l’incapacité motrice dans 29 % des cas, ce qui n’était jamais le cas dans la série témoin.

Les explications avancées par Carvalho dans une interview au New York Times : la relation empathique et de confiance entre le médecin et le malade, les rituels médicaux qui accompagnent la rencontre thérapeutique, les attentes positives et l’espoir d’aller mieux (Bakalar, 2016).

Références

Vase L, Vollert J, Finnerup NB, Miao X, Atkinson G, Marshall S, Nemeth R, Lange B, Liss C, Price DD, Maier C, Jensen TS, Segerdahl M. Predictors of the placebo analgesia response in randomized controlled trials of chronic pain: a meta-analysis of the individual data from nine industrially sponsored trials. Pain. 2015 Sep;156(9):1795-802.

Kaptchuk TJ, Friedlander E, Kelley JM, Sanchez MN, Kokkotou E, Singer JP, Kowalczykowski M, Miller FG, Kirsch I, Lembo AJ. Placebos without deception: a randomized controlled trial in irritable bowel syndrome. PLoS One. 2010 Dec 22;5(12):e15591.

Carvalho C, Caetano JM, Cunha L, Rebouta P, Kaptchuk TJ, Kirsch I. Open-label placebo treatment in chronic low back pain: a randomized controlled trial. Pain. 2016 Oct 13.

Bakalar N (2016) :

Une heure de sieste entretient le cerveau des séniors

30 Mai 2017, 05:17am

Publié par Louis Lacaze

Une heure de sieste entretient le cerveau des séniors

De nombreuses études ont souligné l’effet bénéfique d’une courte sieste d’environ dix minutes sur les performances individuelles tandis qu’une sieste d’une durée supérieure pourrait perturber le sommeil nocturne.

Dans une étude publiée par la société américaine de gériatrie, Junxin Li, professeur à l’université de Pennsylvanie à Philadelphie, s’est intéressé à la sieste de 3000 Chinois de plus de 65 ans. Soixante pour cent d’entre eux faisaient régulièrement une sieste qui pouvait durer de 30 à 90 minutes, en moyenne d’une heure. Les participants ont subi divers tests de mémoire, de calcul, de logique. Les résultats de ceux qui dormaient une heure étaient jusqu’à six fois meilleurs que ceux qui dormaient moins d’une heure, plus d’une heure, ou qui ne faisaient pas de sieste du tout. La différence du niveau de performance correspondait à celle qui accompagne normalement un vieillissement de cinq ans. Toutefois, l’étude n’a pas cherché à établir une relation de cause à effet entre une sieste d’une heure et les capacités mentales des participants.

Il est intéressant de citer une autre étude de Junxin Li s’intéressant aux personnes âgées hébergées dans un établissement d’accueil et dormant plus de deux heures pendant la journée. Ces personnes présentaient des troubles cognitifs plus accentués, davantage de pathologies et s’intéressaient moins aux activités proposées. Les auteurs de l’étude constatent que ces activités s’adressent principalement aux résidents ne présentant pas de handicaps majeurs et suggèrent qu’une catégorie différente d’activités soit proposée aux autres personnes pour les amener à s’intégrer socialement à la communauté.

Commentaires de Bernard Pradines : si des liens peuvent être établis, les causalités sont plus difficiles à préciser. En effet, effectuer de longues siestes est une situation connue comme étant associée à un état apathique, régressif, à la fatigue, à une pathologie chronique, à des apnées du sommeil, voire à une somnolence liée à l'absorption de psychotropes sédatifs. Il est encore plus difficile de s'approcher du rôle délétère éventuel de l'absence de sieste : hypervigilance anxieuse, non-respect des rythmes circadiens, persistance de comportements sociaux adultes désormais inadaptés… Mieux, il serait intéressant d’étudier pourquoi ces personnes âgées ne s’adonnent pas à la sieste.