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GérontoLiberté

Articles avec #hopital

Comparer un hôpital à un hôtel relève de l’utopie

12 Septembre 2017, 05:03am

Publié par Louis Lacaze et Bernard Pradines

Comparer un hôpital à un hôtel relève de l’utopieComparer un hôpital à un hôtel relève de l’utopie

 

Dans un souci d’apparaître sous un meilleur jour, certains acteurs du secteur hospitalier aux USA ont avancé des comparaisons entre les hôtels et les hôpitaux.

Si les hôtels et les hôpitaux visent un but commun, offrir la meilleure qualité de service possible à leurs résidents, leurs modes de fonctionnement  présentent de sérieuses différences.

 

Si pratiquement tout le monde apprécie de pouvoir séjourner dans un hôtel, synonyme en général de déplacement, de voyage, d’évasion, on ne se rend dans un hôpital que contraint et forcé.

 

Le niveau des prestations d’un hôtel dépend de la somme que le résident accepte de verser tandis que le financement d’un établissement hospitalier est sous le contrôle de divers organismes et bénéficie éventuellement de leur contribution.

 

Apporter un maximum de satisfaction aux résidents est naturellement un objectif premier dans les deux catégories. Toutefois, dans un établissement hospitalier l’intérêt du patient ne correspond pas toujours à ses désirs. Il n’est pas qualifié pour juger du bien fondé des soins qu’il reçoit, il peut se voir refuser des antidouleurs, des somnifères etc. Le personnel est en sous effectif, les décisions qu’il doit prendre peuvent être lourdes de conséquences, l’ambiance générale ne fait pas du résident un client roi.

 

Comparer un hôpital à un hôtel revint à comparer une pomme à une orange. Autrement dit on ne doit comparer que ce qui est comparable.

Source :

Benjamin Levin  

Pour bien vieillir, tricotez !

8 Août 2017, 05:25am

Publié par Louis Lacaze

Pour bien vieillir, tricotez !

"Les gens qui ne rient jamais ne sont pas des gens sérieux."

Georges Courteline

Une lecture de documents variés provenant de médecins, de clubs de tricotage (subventionnés - ou pas par des fabricants de pelotes ?) déborde d’enseignements.

Tricoter apporte une détente comparable  à celle associée à la méditation et au yoga. Avec un plus : on connait la satisfaction d’avoir réalisé quelque chose de concret, excellent pour votre ego. Votre rythme cardiaque va ralentir, votre tension artérielle baisser ainsi que votre taux de cortisol dans le sang, hormone du stress.

Autre avantage non négligeable : il est difficile de grignoter tout en tricotant; vous contrôlerez votre poids plus efficacement et pour la même raison vous diminuerez votre consommation de cigarettes. Si agiter vos doigts ne vous guérit pas totalement de votre arthrose, vous en souffrirez moins puisque votre cerveau ne peut pas à la fois contrôler le mouvement des aiguilles et transmettre une sensation de douleur. Certaines études annoncent une baisse du déclin cognitif et de la perte de mémoire chez les tricoteurs(ses). Jusqu’ici, cet effet n’avait été rencontré, sans être définitivement prouvé, que chez des sujets pratiquant des activités plus intellectuelles.

Prendre ces informations en considération exige beaucoup de prudence, mais si une personne âgée enfermée dans sa solitude s’ennuie ostensiblement lui suggérer de tricoter quelque chose peut avoir des effets positifs.

Un exemple me vient à l’esprit : au service SLD de l’hôpital d’Abi un résident passait ses journées à tricoter des chaussons pour la nuit qu’il distribuait aux autres résidents et aux visiteurs. Lui offrir de la laine à tricoter représentait pour lui le plus beau des cadeaux, mais si vous refusiez la paire de chaussons qu’il vous offrait pour la énième fois, vous aviez un ennemi pour la vie.

 Sources :

Un article du New-York Times

Brody

Une étude citée dans l’article du journal, publié dans J Neuropsychiatry Clin Neurosci.

Geda YE et al. Engaging in cognitive activities, aging, and mild cognitive impairment: a population-based study.

http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/21677242  abstract

http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC3204924/  full text

Un équilibre sociétal insatisfaisant : la honte

21 Avril 2017, 05:12am

Publié par Bernard Pradines

Image issue du blog : http://www.psy-luxeuil.fr/article-la-honte-selon-la-psychanalyse-115156522.html

Image issue du blog : http://www.psy-luxeuil.fr/article-la-honte-selon-la-psychanalyse-115156522.html

La situation des personnes âgées dépendantes et malades est le résultat de plusieurs impératifs qui agitent notre société. En mathématiques, on parle de « vecteur résultant ».

Les familles sont désormais souvent dispersées. La mission ancestrale qui consistait à vivre et à accompagner ses parents dans un domicile commun s’est éloignée.

Chacun est contraint par son travail dont on pensait qu’il serait libérateur.

Qu’on le reconnaisse ou non, en établissement, les nécessités alléguées d’économies de personnel entrent en conflit avec les recommandations de bonne pratique. Quelques exemples : l’histoire de vie est trop vite esquissée, la toilette et les repas sont effectués trop rapidement, le repas du soir est servi trop tôt, le lit est trop souvent imposé chez des personnes qui souhaiteraient et pourraient rester assises ou même debout. Il est encore souvent refusé pour la sieste car nécessitant un nouveau lever après celle-ci. Des tranquillisants et des somnifères sont utilisés, censés calmer et même faire dormir des personnes qui se trouvent alitées pendant plus de douze heures alors que leurs besoins de sommeil ne dépassent guère cinq heures pour la plupart d’entre elles.

Il me fallut du temps pour comprendre et admettre cette évidence : les responsables administratifs de mon établissement ne parvenaient pas à nous écouter car ils n’avaient pas les moyens de modifier une situation qui leur faisait honte.