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GérontoLiberté

Articles avec #legislation

Comparer un hôpital à un hôtel relève de l’utopie

12 Septembre 2017, 05:03am

Publié par Louis Lacaze et Bernard Pradines

Comparer un hôpital à un hôtel relève de l’utopieComparer un hôpital à un hôtel relève de l’utopie

 

Dans un souci d’apparaître sous un meilleur jour, certains acteurs du secteur hospitalier aux USA ont avancé des comparaisons entre les hôtels et les hôpitaux.

Si les hôtels et les hôpitaux visent un but commun, offrir la meilleure qualité de service possible à leurs résidents, leurs modes de fonctionnement  présentent de sérieuses différences.

 

Si pratiquement tout le monde apprécie de pouvoir séjourner dans un hôtel, synonyme en général de déplacement, de voyage, d’évasion, on ne se rend dans un hôpital que contraint et forcé.

 

Le niveau des prestations d’un hôtel dépend de la somme que le résident accepte de verser tandis que le financement d’un établissement hospitalier est sous le contrôle de divers organismes et bénéficie éventuellement de leur contribution.

 

Apporter un maximum de satisfaction aux résidents est naturellement un objectif premier dans les deux catégories. Toutefois, dans un établissement hospitalier l’intérêt du patient ne correspond pas toujours à ses désirs. Il n’est pas qualifié pour juger du bien fondé des soins qu’il reçoit, il peut se voir refuser des antidouleurs, des somnifères etc. Le personnel est en sous effectif, les décisions qu’il doit prendre peuvent être lourdes de conséquences, l’ambiance générale ne fait pas du résident un client roi.

 

Comparer un hôpital à un hôtel revint à comparer une pomme à une orange. Autrement dit on ne doit comparer que ce qui est comparable.

Source :

Benjamin Levin  

Le cannabis : un antalgique ?

25 Juillet 2017, 05:51am

Publié par Bernard Pradines

Le cannabis : un antalgique ?

Une offensive commerciale concernant la marijuana vise actuellement les maisons de retraite aux USA. Cette plante contient essentiellement du tétrahydrocannabinol (THC).

Cette molécule aurait des vertus thérapeutiques contre les douleurs neuropathiques, les spasmes musculaires liés à la sclérose en plaques, la perte non intentionnelle de poids ainsi que les nausées et vomissements liés aux chimiothérapies anticancéreuses (1). Elle pourrait aussi trouver un intérêt dans la maladie d’Alzheimer à début tardif (2).

Pourtant, les études menées dans ces domaines sont loin d’être concluantes. Pour Andreae (3), un patient sur cinq ou six verrait une amélioration à court terme des douleurs neuropathiques.

Pour Hill (4), les bénéfices ne font pas consensus dans la littérature.

Whitin (5) écrit, dans une revue de la littérature, que les preuves de l’utilité des cannabinoïdes contre la douleur chronique et la spasticité sont de qualité moyenne. Ces preuves sont de mauvaise qualité pour l’amélioration des nausées et vomissements liés aux chimiothérapies ainsi que pour la prise de poids au cours de l’infection à HIV, sur les troubles du sommeil ou dans le syndrome de Tourette. De plus, cet auteur met en garde les prescripteurs contre le risque d’effets indésirables graves. Il cite les vertiges, la xérostomie, les nausées, la fatigue, la somnolence, l’euphorie, les vomissements, la désorientation, la confusion, la perte d’équilibre et les hallucinations.

Schrot (6) évoque des troubles mnésiques, ceux de la coordination et du jugement, l'altération cognitive et la bronchite chronique. Il pointe aussi le risque d’accident automobile. Un espoir pourrait venir de l’action thérapeutique sur le système endogène cannabinoïde (« endocannabinoïde ») afin d’améliorer les effets bénéfiques et de diminuer les effets secondaires.

En conclusion, le débat n’est pas clos sur l’intérêt du THC en thérapeutique. Il reste toutefois parasité par les utilisations dites récréatives de cette substance. Enfin, de nouvelles études sont encore nécessaires pour en cerner la balance bénéfice / risque.

(1) Hu Winnie

(2) Ahmed A, van der Marck MA, van den Elsen G, Olde Rikkert M. Cannabinoids in late-onset Alzheimer's disease. Clin Pharmacol Ther. 2015 Jun;97(6):597-606. doi: 10.1002/cpt.117. Review.

(3) Andreae MH, Carter GM, Shaparin N, Suslov K, Ellis RJ, Ware MA, Abrams DI, Prasad H, Wilsey B, Indyk D, Johnson M, Sacks HS. Inhaled Cannabis for Chronic Neuropathic Pain: A Meta-analysis of Individual Patient Data. J Pain. 2015 Dec;16(12):1221-32.

(4) Hill KP. Medical Marijuana for Treatment of Chronic Pain and Other Medical and Psychiatric Problems: A Clinical Review. JAMA. 2015 Jun 23-30;313(24):2474-83.

(5) Whiting PF, Wolff RF, Deshpande S, Di Nisio M, Duffy S, Hernandez AV, Keurentjes JC, Lang S, Misso K, Ryder S, Schmidlkofer S, Westwood M, Kleijnen J. Cannabinoids for Medical Use: A Systematic Review and Meta-analysis. JAMA. 2015 Jun 23-30;313(24):2456-73.

(6) Schrot RJ, Hubbard JR. Cannabinoids: Medical implications. Ann Med. 2016;48(3):128-41. doi: 10.3109/07853890.2016.1145794. Review.

Un scandale sinon rien !

23 Juin 2017, 05:33am

Publié par Bernard Pradines

L’évocation des maltraitances reste délicate, voire impossible, dans la plupart des situations réellement vécues. Pourtant, chacun d’entre nous peut devenir maltraitant.

Dénoncer, c’est cafter, ce qui est mal vu, voire dangereux, depuis l'école maternelle. Les peines prévues par le code pénal sont d’une telle sévérité que tout témoin hésitera à franchir le Rubicon. Dénoncer, c’est trahir, c’est prendre le risque de la fermeture d’un établissement avec les problèmes d’emploi pour les personnels et de relogement pour les résidents et leurs familles. Il conviendra donc de « laver le linge sale en famille » et de ne pas « scier la branche sur laquelle on est assis ». Surtout par ces temps de chômage massif. Si la non-assistance à personne en danger et le non-signalement des faits sont punis par la loi, la crainte de la « dénonciation calomnieuse » peut être dissuasive si des preuves a posteriori ne peuvent pas être facilement établies.

Ainsi peuvent s’expliquer les scandales dont la presse se fait régulièrement l’écho : il n’y a pas de juste milieu avec la reconnaissance sereine du risque permanent et généralisé de maltraitance. Non, ce sera le scandale sinon rien.