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GérontoLiberté

Articles avec #medecin

Mais où sont les médecins d’antan ?

11 Juillet 2017, 05:01am

Publié par Louis Lacaze

Mais où sont les médecins d’antan ?

Les progrès impressionnants de la médecine ne doivent pas masquer les souvenirs empreints de nostalgie qu’on entend chez les seniors qui plongent dans leur passé. Un inventaire de leurs remarques peut donner à réfléchir.

Le médecin d’autrefois prenait une chaise et s’installait auprès du patient, le regardait dans les yeux, posait des questions ouvertes qui n’appelaient pas des oui et non comme réponses. Il laissait au patient la possibilité de s’exprimer, de poser des questions. Il ne tapotait pas en permanence son téléphone, son ordinateur ou sa tablette.

Autrefois le médecin n’était jamais pressé tandis que maintenant il donne toujours l’impression de faire une course contre la montre.

On pouvait voir que le médecin réfléchissait à votre problème, établissait un diagnostic et prenait le temps de tout vous expliquer.

Le médecin consacrait le temps nécessaire à vous examiner, se faisait une opinion de votre état de santé sans vous soumettre à des quantités d’analyses et d’examens complémentaires.

Le médecin vous connaissait, comme il connaissait toute votre famille, sans avoir recours à un ordinateur pour enregistrer un maximum d’informations sur votre personne.

Le médecin était libre et indépendant. Aucune armée de fonctionnaires ne le contrôlait en permanence.

Surtout, il n’était pas collé à l’écran d’un ordinateur. Les patients n’étaient ni des pavés d’écriture ni des cases à cocher. S’il est possible un jour de permettre aux médecins et aux infirmières de passer moins de temps devant les écrans et davantage auprès des patients, tout le monde sera gagnant.

La vieille école avait du bon. Avancer ne doit pas empêcher de se tourner vers le passé, les anciens ont bien des choses à nous apprendre.

 

Source :

Dr Suneel Dhand

Qui peut croire que le médecin a remplacé Dieu ?

16 Mai 2017, 05:44am

Publié par Bernard Pradines

Dans un article récent, le philosophe André Comte-Sponville avance l’argument bien connu de la divination de la médecine et des médecins ayant progressivement remplacé le Dieu classique du monothéisme ou l’un de ceux des polythéismes.

Pour ma part, je suis très sceptique quant à cette conception, même si j’en partage certaines conclusions. Par exemple celles du philosophe précité qui nous indique ce qui suit :

« A mesure qu'on en demande trop, on ne peut qu'ouvrir la porte à la déception. Les gens voudraient au fond que la médecine les empêche de vieillir, de mourir. Mais rêver de ce pouvoir est illusoire. Quand bien même le progrès nous ferait demain vivre mille ans, il faudra bien mourir ! La mort fait partie de la vie, et une partie de la sagesse humaine consiste à l'accepter. » 

Toutefois, bien des arguments plaident contre la divination du médecin :

  • vous allez voir votre médecin. Qui a vu Dieu à l’exception de quelques rares privilégiés tels que Paul de Tarse ou Bernadette Soubirous ?
  • je ne sais pas que le médecin puisse promettre à quiconque la vie éternelle après la mort terrestre. Pas davantage la réincarnation.
  • je n’ai pas vu de pèlerinage devant quelque officine ou hôpital que ce soit, même si la médecine est censée « faire des miracles ». » Le trottoir devant ma maison demeure désespérément vide.
  • quant à racheter vos fautes et péchés par la rédemption, veuillez-vous adresser ailleurs, je suis parfois un peu rigide.
  • enfin, malgré mes efforts, je n’ai jamais réussi à pouvoir prétendre à la béatification, de mon vivant ou après ma mort, bien que certains disent que, ma modestie en souffrant terriblement, je cache bien mon auréole.

Amen.

Référence :

La communication médicale avec les proches : à améliorer.

14 Avril 2017, 05:48am

Publié par Louis Lacaze Bernard Pradines

Un médecin consacre davantage de son temps à communiquer qu’à exercer son art. Avec un diplôme tout neuf, un jeune praticien doit s’en apercevoir au plus vite.

Certains, pris par le temps, peuvent demander : « mais pourquoi la famille veut me voir ? Je n’ai rien de particulier à lui dire ». Ils sont la minorité.

Personnellement, écrit Suneel Dhand, je veille toujours à pouvoir rencontrer la famille. Je lui téléphone quand je suis dans la chambre du patient en branchant le haut-parleur pour que tous puissent m’entendre et poser des questions.

Prenez la peine d’imaginer une personne hospitalisée. Sa famille n’a aucune connaissance médicale. Qui sera en mesure de l’informer, de la rassurer ? Ce sera le médecin. C’est ce moment précis qui restera gravé dans les mémoires. Ce contact ne vous éloignera que quelques minutes de votre ordinateur mais vous rappellera que vous soignez une personne, un être humain qui a un entourage qui l’aime et qui est inquiet.

Par conséquent, si une infirmière vous dit : « la famille aimerait vous parler », surtout considérez qu’il est de votre devoir d’accepter. Ce sera peut-être le moment le plus important de votre journée de travail.

Commentaire de Bernard Pradines :

Ce sujet est fort important. J’ai été moi-même confronté au refus de dialogue à propos de personnes de ma famille. Une nouvelle modalité de refus peut s’exprimer par un dialogue réservé à la personne de confiance. Ceci me semble inacceptable. Seul le refus du patient lui-même, pas toujours vérifié, devrait interdire la communication aux proches. Je ferai toutefois les commentaires suivants : il n’est pas toujours possible de répondre immédiatement à la sollicitation des familles. Mais il est toujours faisable de les rappeler à un moment convenu. J’ai été frappé, au cours de mon exercice en soins de longue durée par l’étonnement de certains proches devant mon appel. Au risque de paraitre prétentieux, je peux témoigner que ceci leur paraissait étonnamment rare de la part d’un médecin.

Source :

Dr Suneel Dhand