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GérontoLiberté

Articles avec #respect

Comment détruire un service ou une unité de soins ?

25 Avril 2017, 05:54am

Publié par Bernard Pradines et Louis Lacaze

Voici un enseignement fort utile pour ceux qui veulent nuire. Il nous vient des Etats-Unis.

1. Ignorez et sous-évaluez l’expérience clinique de l’équipe soignante.

2. Ne demandez pas à l’équipe ce dont elle a besoin.

3. Quand le service -ou l’unité- présente des signes de détresse, répondez-lui avec une nouvelle mesure administrative.

4. Opposez-vous à toute demande au nom des économies à réaliser.

5. Faites venir un consultant extérieur. Il est censé mieux connaître les problèmes du service – ou de l’unité- que quiconque y travaille déjà.

6. Assurez-vous que l’on rappelle régulièrement aux médecins qu’ils n’ont rien à négocier. Une relation collégiale n’est pas de mise.

7. Tous les services –toutes les unités- comparables font la même chose. Vous devez donc les comparer entre eux ou entre elles. Peu importent toutes les différences.

8. Créez un environnement dans lequel il est impossible que l’équipe soignante puisse réussir dans sa tâche. Après quoi vous la blâmerez pour ses insuffisances.


Source :

Rappel : en 2014, nous avons publié le texte suivant qui se rapproche parfois de celui que nous proposons aujourd’hui.

Un équilibre sociétal insatisfaisant : la honte

21 Avril 2017, 05:12am

Publié par Bernard Pradines

Image issue du blog : http://www.psy-luxeuil.fr/article-la-honte-selon-la-psychanalyse-115156522.html

Image issue du blog : http://www.psy-luxeuil.fr/article-la-honte-selon-la-psychanalyse-115156522.html

La situation des personnes âgées dépendantes et malades est le résultat de plusieurs impératifs qui agitent notre société. En mathématiques, on parle de « vecteur résultant ».

Les familles sont désormais souvent dispersées. La mission ancestrale qui consistait à vivre et à accompagner ses parents dans un domicile commun s’est éloignée.

Chacun est contraint par son travail dont on pensait qu’il serait libérateur.

Qu’on le reconnaisse ou non, en établissement, les nécessités alléguées d’économies de personnel entrent en conflit avec les recommandations de bonne pratique. Quelques exemples : l’histoire de vie est trop vite esquissée, la toilette et les repas sont effectués trop rapidement, le repas du soir est servi trop tôt, le lit est trop souvent imposé chez des personnes qui souhaiteraient et pourraient rester assises ou même debout. Il est encore souvent refusé pour la sieste car nécessitant un nouveau lever après celle-ci. Des tranquillisants et des somnifères sont utilisés, censés calmer et même faire dormir des personnes qui se trouvent alitées pendant plus de douze heures alors que leurs besoins de sommeil ne dépassent guère cinq heures pour la plupart d’entre elles.

Il me fallut du temps pour comprendre et admettre cette évidence : les responsables administratifs de mon établissement ne parvenaient pas à nous écouter car ils n’avaient pas les moyens de modifier une situation qui leur faisait honte.