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GérontoLiberté

Articles avec #soignants

Des propositions contradictoires

18 Juillet 2017, 05:43am

Publié par Bernard Pradines

A en croire les uns, le nombre des soignants est le seul paramètre à améliorer. La formation des soignants n’aurait qu’une importance minime. Appréciation que l’on peut bien comprendre quand les repas sont souvent expédiés en dix minutes et que le personnel soignant s’épuise en courant en permanence derrière le temps. Ainsi, je me suis toujours insurgé contre l'idée que les ratios des soignants sont une fausse piste et que seule leur formation pourrait améliorer la situation actuelle.

 

A l’inverse, sans formation adéquate donc sans défense, les soignants sont souvent dans une situation qui les rend incapables de résister à la logique de la rentabilité à tout va. Ainsi, une formation délétère peut les inciter à se conformer à une situation insatisfaisante : sur commande, selon le bon vouloir de ceux qui ont « acheté » une formation docile, à même de culpabiliser le soignant en lui faisant endosser toutes les turpitudes du lieu.

 

Au contraire, une formation qui développe l'esprit critique, le "penser par soi-même » sans attendre constamment des ordres, prend une autre dimension. Elle n'en pointe pas moins les insuffisances multiples. Mais elle sait situer les responsabilités.

 

Oui, nous sommes tous, soignants, du médecin à l'ASH, responsables d'une partie de nos attitudes. Nous pouvons changer les choses dans une certaine mesure et ne pas tout subir.

 

Pour vous donner un exemple précis, je suis frappé par la demande générale d'avoir des formations qui vous donnent de « trucs », des « protocoles » qui vous disent « ce qu’il faut faire », du « pratico-pratique » : la formation-minute.

 

Pour ma part, je préfère tenter de placer les participants (je n’emploie pas le mot dévalorisant de « stagiaire ») sur la voie de " ce qu'il faut comprendre". Sans quoi, on demeure un exécutant qui applique "ce qu’il faut faire", qui ne pense pas par lui-même. On ne s’étonnera pas de la démotivation conséquente.

 

Les troubles du comportement en sont une magnifique illustration : si vous cherchez ce qu'il faut faire avant d'avoir compris quoi que ce soit, vous avez une chance infime d’améliorer la situation du patient et de son entourage incluant sa famille et les soignants.

Mais où sont les médecins d’antan ?

11 Juillet 2017, 05:01am

Publié par Louis Lacaze

Mais où sont les médecins d’antan ?

Les progrès impressionnants de la médecine ne doivent pas masquer les souvenirs empreints de nostalgie qu’on entend chez les seniors qui plongent dans leur passé. Un inventaire de leurs remarques peut donner à réfléchir.

Le médecin d’autrefois prenait une chaise et s’installait auprès du patient, le regardait dans les yeux, posait des questions ouvertes qui n’appelaient pas des oui et non comme réponses. Il laissait au patient la possibilité de s’exprimer, de poser des questions. Il ne tapotait pas en permanence son téléphone, son ordinateur ou sa tablette.

Autrefois le médecin n’était jamais pressé tandis que maintenant il donne toujours l’impression de faire une course contre la montre.

On pouvait voir que le médecin réfléchissait à votre problème, établissait un diagnostic et prenait le temps de tout vous expliquer.

Le médecin consacrait le temps nécessaire à vous examiner, se faisait une opinion de votre état de santé sans vous soumettre à des quantités d’analyses et d’examens complémentaires.

Le médecin vous connaissait, comme il connaissait toute votre famille, sans avoir recours à un ordinateur pour enregistrer un maximum d’informations sur votre personne.

Le médecin était libre et indépendant. Aucune armée de fonctionnaires ne le contrôlait en permanence.

Surtout, il n’était pas collé à l’écran d’un ordinateur. Les patients n’étaient ni des pavés d’écriture ni des cases à cocher. S’il est possible un jour de permettre aux médecins et aux infirmières de passer moins de temps devant les écrans et davantage auprès des patients, tout le monde sera gagnant.

La vieille école avait du bon. Avancer ne doit pas empêcher de se tourner vers le passé, les anciens ont bien des choses à nous apprendre.

 

Source :

Dr Suneel Dhand

Au Québec aussi …

30 Juin 2017, 05:42am

Publié par Bernard Pradines