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GérontoLiberté

Articles avec #visite

Qu’entend-t-on par présence thérapeutique ?

3 Novembre 2020, 06:22am

Publié par Louis Lacaze

Qu’entend-t-on par présence thérapeutique ?

Deux professeurs de gériatrie et de soins palliatifs rattachent à leur domaine un concept familier aux psychiatres, celui de la présence thérapeutique. Ce concept prend toute son importance en période de covid-19 où les gériatres tout comme les spécialistes en soins palliatifs peuvent avoir «l’impression d’être comme des chefs cuisiniers officiant dans une cuisine inconnue ».

Les professionnels maîtrisent les techniques de communication et d’observation mais un troisième élément est de première importance : la présence thérapeutique qui montrera que le soignant s’implique totalement dans les problèmes du patient.

Cette présence se décompose en trois éléments.

 

Le premier consiste à accorder une totale attention au patient, à être attentif, réceptif, à ne porter aucun jugement. A rester à l’écoute, en respectant les moments de silence. Le patient remarque très vite si cette attention est authentique ou manque de sincérité.

 

Traduire en mots le ressenti du patient représente le deuxième élément. Il s’agit de digérer l’information reçue du patient et de lui restituer ce qui pour lui a le plus d’importance. On ne lui dit pas « vous avez peur » mais « je comprends que se demander si les médecins pourront vous soulager peut vous terroriser ». Le patient peut répondre « ce n’est pas ça ». Il s’agit alors de reprendre la phase d’écoute attentive puis de faire une nouvelle tentative d’appropriation. Lors de ses visites, le Dr Brenner prend toujours une petite chaise pliante qui lui permet d’entrer dans l’espace du patient et de lui montrer qu’il a toute son attention.

 

Créer un espace commun prégnant sera le troisième élément, illustré par un exemple. Votre jeune enfant se fait une joie d’aller au cinéma, un contre-temps vous contraint d’annuler la sortie, il exprime bruyamment sa déception.

Vous pouvez réagir de différentes façons : A : ce n’est pas grave, fais autre chose. B : papa et maman sont déçus eux aussi, cesse de pleurnicher. C : je comprends très bien que tu sois déçu. La réponse C est la seule qui pourra créer un espace commun prégnant.

Toute personne qui traverse un moment de stress, de grande inquiétude ou se sent vulnérable éprouve le besoin de créer un lien, cette relation émotionnelle de l’enfant se retrouve chez l’adulte. Les soins palliatifs prennent en compte cette exigence pour amener les patients à conserver une certaine qualité de vie tout en leur faisant accepter la possibilité de voir leur état s’aggraver et de mourir. L’objectif est difficile à atteindre et exige la maitrise d’un arsenal de capacités dans le domaine de la psychologie.

 

Commentaires de Bernard Pradines 

Même si la sémantique de cet article n’est pas exactement celle qui est utilisée en France, nous retrouvons :

  • l’écoute bienveillante

  • la reformulation et

  • la validation des propos et des sentiments

Cette attitude peut aussi inspirer la relation des bénévoles et de tout intervenant auprès des personnes vulnérables. 

Source :

Keri Brenner, Dani Chammas professeurs de soins palliatifs et de gériatrie, podcast animé par Alex Smith MD et Eric Widera MD Therapeutic Presence in the Time of COVID: Podcast with Keri Brenner and Dani Chammas

 

 

Alerte par smartphone pour les aides à domicile

11 Septembre 2020, 05:49am

Publié par Bernard Pradines

Alerte par smartphone pour les aides à domicile

 Les technologies de l'information et de la communication (TIC) offrent de nouvelles possibilités pour les services d’accompagnement des personnes âgées. Une étude pilote d'observation longitudinale a été menée dans les services à domicile du département du Gard en France. Les employés des services à domicile de l'ADMR (Aide à Domicile en Milieu Rural) ont suivi 130 personnes âgées vivant à domicile et ne souffrant que de déficiences modérées. Une échelle visuelle analogique (EVA) a été utilisée sur un smartphone pour évaluer la santé globale chaque fois que les personnes âgées étaient visitées. Un système d'alerte a été conçu pour informer la personne âgée et / ou une personne responsable de toute détérioration de l'état de santé. Tous les événements médicaux et sociaux ont été enregistrés tout au long de l'étude ayant duré neuf mois.

Résultats: 138 personnes ont été incluses et 106 ont été évaluées. 37 alertes ont été effectuées, 21 ont été confirmées et 16 ont été considérées comme des faux positifs. Seuls les employés sans formation spécifique ont signalé les fausses alertes positives. Six alertes médicales graves ont été communiquées dont un cancer encore non diagnostiqué, une hospitalisation pour diabète décompensé, une hospitalisation suivie du décès six mois plus tard et une hospitalisation dans un cadre de soins de suivi.

Ainsi, celles et ceux qui sont quotidiennement au contact des personnes âgées vulnérables peuvent participer à l’amélioration du soutien à domicile en détectant et signalant facilement les situations suspectes. 

Cette étude pilote devrait être prochainement étendue à quatre autres départements français.

Source : Bousquet J, Meissonnier M, Michalet V, et al. A novel approach to integrated care using mobile technology within home services. The ADMR pilot study. Maturitas. 2019;129:1-5. doi:10.1016/j.maturitas.2019.07.023

Bénévolat à domicile

22 Mai 2020, 07:59am

Publié par R.

Image issue du site : http://www.aspmad.ch/jcms/p_16481/fr/benevolat-a-domicile

Image issue du site : http://www.aspmad.ch/jcms/p_16481/fr/benevolat-a-domicile

Le domicile demeure le choix de la quasi-totalité des personnes. Cette option est d’ailleurs la principale motivation de Chantal,  bénévole pour assurer des accompagnements à domicile.

En effet, dit-elle, le placement en établissement répond surtout à l’inquiétude des familles. Il tient hélas bien peu compte du souhait de la personne concernée. La bénévole souligne que l’accompagnement au domicile se fait davantage sur du long terme. Et toujours en binôme : deux bénévoles interviennent au domicile de la personne souffrante ou en fin de vie.

Le gros avantage du maintien à domicile est le respect du désir de la personne et la préservation de son identité. La solitude reste importante à domicile, bien qu’elle le soit tout autant en milieu institutionnel. L’abandon familial peut y être perceptible. A la maison, la confiance dans les accompagnants revêt un caractère primordial et la discrétion reste de mise.

La coordinatrice de « Passages »[1] va d’abord rencontrer la famille. Ensuite elle introduira les deux bénévoles auprès de la personne chez elle et de sa famille.

Lors de cette rencontre, se décide le rythme et la forme d’intervention les mieux appropriés. Les bénévoles se voient alors confier un dossier résumant les actions possibles et impossibles, selon l’état de la personne à accompagner et les attentes de sa famille.
Particularité de l’accompagnement à domicile : les accompagnants s’y trouvant plus isolés, ils sont d’autant plus responsables. En effet, l’équipe de soins n’y est pas présente en permanence. Les accompagnants peuvent se trouver confrontés à davantage que de la présence et de l’écoute : Chantal donne comme exemple une demande de verre d’eau, éventuellement un besoin de sortie à l’extérieur ou encore d’attention à un animal de compagnie présent au domicile. Bien sûr les accompagnants sont principalement présents pour l’écoute ; selon la situation ou l’urgence, ils en référeront à la coordinatrice de « Passages » qui assurera le contact indispensable avec la famille. La participation au groupe de paroles est souhaitable une fois par mois.

L’avantage du maintien à domicile est que les habitudes de vie sont davantage respectées. Un tel accompagnement suppose un positionnement un peu différent de celui effectué en établissement : hôpital, clinique, Unité de Soins Palliatifs, EHPAD. Il s’avère plus proche du souhait des personnes accompagnées. Ajoutons que « Passages » s’efforce de poursuivre tout accompagnement des personnes au-delà du domicile, dans le cas où la personne se trouve hospitalisée ou séjourne en EHPAD.