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GérontoLiberté

Pourquoi ce vocabulaire de guerre ?

28 Octobre 2014, 11:22am

Publié par Papi

Pourquoi ce vocabulaire de guerre ?

"La guerre contre le cancer et la maladie d’Alzheimer est déclarée". "Il est mort après avoir lutté jusqu’au bout". "Les médecins ont pris des mesures héroïques". "Elle a perdu sa dernière bataille". "C’est un survivant : il se bat contre un cancer de la prostate".

Ces métaphores se rencontrent fréquemment dans les conversations et les notices nécrologiques.

Ce vocabulaire belliqueux ne surprend pas le Dr Daniel Johnson, médecin spécialiste en soins palliatifs. Il relève que notre société considère la mort comme l’ennemie à vaincre. Les conséquences de cette posture ne sont pas à négliger. Un cancéreux en phase terminale n’osera pas refuser une dernière chimiothérapie pour ne pas contrarier les médecins qui lui demandent de se battre. Une personne qui n’a plus que quelques jours d’espérance de vie a perdu tout appétit mais sa fille exige qu’elle fasse un effort. En fait la plupart des personnes aimeraient terminer leur existence paisiblement chez elles.

Un spécialiste en soins palliatifs présentera au patient les diverses options. « Vous avez mené votre barque dans votre vie, vous pouvez la mener devant la mort ». Il prendra sa décision dans le calme, loin d’un vocabulaire de combat. Si notre combat vise à vaincre la mort pour atteindre l’immortalité, nous sommes tous des perdants.

Source : un article de Paula Span publié dans The New-York Times

http://newoldage.blogs.nytimes.com/2014/04/11/wounded-by-the-language-of-war/?_php=true&_type=blogs&emc=edit_tnt_20140411&nlid=67268624&tntemail0=y&_r=0

Maurice, Réglisse et l’aide-soignante

21 Octobre 2014, 18:29pm

Publié par Bernard Pradines

Maurice, Réglisse et l’aide-soignante

En janvier dernier, Maurice, un vieil homme, dut recourir au service de soins infirmiers à domicile (SSIAD). Il vivait chez lui, dans un village, en compagnie de sa femme et de son chien Réglisse élevé au biberon par son maître. Il est vrai que la mère de l’animal était morte en le mettant au monde…

Après le décès de son épouse, la situation de Maurice devint de plus en plus précaire. Au point que l’EHPAD [1] apparut à sa famille comme le seul recours dans un contexte de deux maladies chroniques nécessitant une surveillance rapprochée : une pathologie métabolique et une affection neurodégénérative.

Dans leur grande humanité, les EHPAD autorisent rarement l’hébergement de l’animal de compagnie, même s’il n’existe aucune difficulté liée aux troubles cognitifs de sa (ou de son) propriétaire. En tous cas, pas les établissements que Maurice devait rejoindre. Réglisse allait-il rester seul à la maison ?

Que faire ? Le donner au premier venu ? Faudrait-il recourir à cette solution terrible et extrême autorisée chez les animaux et peut-être bientôt chez les humains ? Ainsi, l’aide-soignante du SSIAD se souvint d’une petite chienne dont le décès avait été quelque peu suspect.

Alors, un jour de chagrin où Maurice demanda à la soignante si elle connaissait une personne qui pourrait accueillir et surtout aimer la huitième merveille du monde, une lumière brilla dans l’obscurité …

Le vent du Nord-Ouest m’apporte la nouvelle : Réglisse a trouvé une nouvelle famille chez … l’aide-soignante.

[1] EHPAD : établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes, anciennement maison de retraite