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GérontoLiberté

Santé mentale : comment établir le contact avec les seniors

29 Octobre 2019, 06:35am

Publié par Louis Lacaze

Santé mentale : comment établir le contact avec les seniors

Si les états dépressifs entraînent une grande part des suicides chez les seniors, ils sont difficiles à détecter et à traiter. Le senior lui-même n’a souvent pas conscience d’être dépressif. S’il n’a pas le « moral », il pense que c’est dû à l’âge et qu’il doit en accepter les  conséquences.

 

 En parler à un médecin provoque de solides réticences. Ce serait aborder le problème de la santé mentale, dégradant aux yeux de l’intéressé aussi bien que de ceux des personnes qu’il côtoie,  ressasser les clichés périmés du psychiatre qui vous écoute patiemment raconter votre vie pour ensuite vous bourrer de drogues. Rencontrer un/une psychologue  – ou, pire, un/une psychiatre – reviendrait à se reconnaître malade mental, d’où l’échec des expériences menées avec l’installation d’un spécialiste dans des établissements d’accueil de seniors où il restait enfermé la journée dans son bureau et ne rencontrait pratiquement personne.

 

Les programmes actuellement recommandés visent à intégrer au maximum un personnel médical qualifié-  le/la psychologue - dans le quotidien des seniors, au moment des repas, pendant les activités proposées. Un climat de confiance peut s’établir qui permettra de détecter plus facilement  les cas préoccupants, de faire accepter une rencontre avec un médecin.

 

L’intégration totale d’un/d’une psychologue dans le service des soignants représente certes une charge de travail supplémentaire. Pourtant  il est dans l’intérêt de tous d’apporter aux résidents la meilleure qualité de soins possible ; les réticences devraient pouvoir être levées.

 

Commentaires de Bernard Pradines : Jo Anne Sirey nous parle des difficultés qu’elle rencontre pour que sa discipline ne soit pas redoutée. Ceci au bénéfice des personnes âgées et de leur entourage. Il est intéressant de constater que la problématique ne se pose pas souvent dans ces termes dans notre pays, la France. Ce sont bien davantage des difficultés budgétaires qui sont à l’origine de la pénurie de psychologues. Ceux-ci étaient absents de ma pratique en 1991. Ils sont devenus à juste titre indispensables dans le parcours de soins et l’accompagnement des personnes âgées.

 

Source

Jo Anne Sirey, Ph.D., Professor of Psychology, Weill Cornell Medical College, Dept. of Psychiatry

Reaching Older Adults We really need to work together—mental health and the aging service providers.” 

Older adults have a higher rate of suicide than the general population. The oldest old, the 85 and older, have the highest rate of all adults. I think one of the things that’s most important when we think about late-life suicide is understanding that depression is a major risk factor.

Le script de l'exposé ci-dessous est ici :

http://www.sprc.org/sites/default/files/spark-talk/JoAnne%20Sirey_transcript.pdf

Transcript of SPARK

Talks Speaker: Jo Anne Sirey, Ph.D., Professor of Psychology, Weill Cornell Medical College, Dept. of Psychiatry

 My name is Jo Anne Sirey. I am a professor at the Weil Cornell Medical College, Department of Psychiatry. And I do research and implementation projects to bring mental health services to community settings where older adults are seen.

Presse spécialisée vs magazine télévisé

25 Octobre 2019, 05:16am

Publié par R.

Presse spécialisée vs magazine télévisé

Note du comité de lecture :

Un lecteur non averti pourra se retrouver désorienté après avoir lu dans le no. 214 du Mensuel des Maisons de Retraite que, dans ces établissements, tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes et après avoir visionné deux émissions télévisées des séries Envoyé spécial et de Cash Investigation où presque tout va mal. Le point de vue d’une professionnelle de la santé qui a longtemps travaillé sur le terrain peut favoriser la réflexion.

« Ayant travaillé de nombreuses années dans des EHPAD gérés par des gros groupes financiers, je suis horrifiée de lire le parti-pris de cette presse qui aura du mal à se dédouaner des intérêts financiers du secteur. A contrario,  je dois dire que l'émission présentée par Elise Lucet était hélas en tous points conforme à mon vécu de cadre en établissements.

J'ai revécu :

- les manques de protections d’incontinence pour les résidents qui restent souillés dans leurs urines ou excréments pendant des heures par mesure d'économie des groupes gestionnaires des résidences ;

- les personnes âgées abandonnées dans un couloir, seules et ne trouvant pas de réponse à leurs appels insistants ; l'extrême solitude de ces personnes en EHPAD si leur famille ne supplée pas au personnel de l'établissement ;

- la fréquente attente  de 30 minutes  jusqu'à 1 heure lorsqu'une chute s'est produite, la personne âgée devant rester au sol ; situation douloureuse parfois liée à une fracture osseuse et, cela va sans dire,  anxiogène;

- le fait que l'on néglige de prévenir la famille afin de "ne pas perdre de temps", la colère étant inévitablement induite en retour du fait du manque d'information ou de transmission ;

- le dramatique manque de personnel de nuit, avec partage d'une unique employée sur quatre étages. Comment peut-on assurer une surveillance sur autant d’étages en même temps ?

- les fins de vie solitaires, le personnel n'ayant pas le temps de séjourner en accompagnement ; le terrible manque de soins palliatifs, ou pire, d'antalgiques[1] ;

- la carence de contrôle ou vérification de l'Agence Régionale de Santé (A.R.S.) lorsque douze familles portent plainte pour maltraitance ;

En effet, de nombreuses familles s'interrogent à juste titre sur l'usage des 3000 euros payés chaque mois, lorsqu'elles constatent que le repas est médiocre, que l'hygiène n'est pas toujours respectée. Sans parler du manque de matériel : linge, protections, sièges adaptés, chaises dans les chambres, baignoire ...

Bien sûr il ne s'agit pas de tous les EHPAD ; il faut le reconnaître. Il n'en demeure pas moins que l'on ne peut masquer le manque de personnels dans tous les établissements y compris publics.

Les sommes versées aux actionnaires, ce qui n’est pas le cas dans les établissements publics, ou ceux à but non lucratif, ne permettraient-elles pas d'augmenter significativement les effectifs ? »


[1] Antalgiques : médicaments utilisés contre la douleur

Vendre sa maison pour payer l’EHPAD

22 Octobre 2019, 05:09am

Publié par Bernard Pradines

Image issue du site : https://www.habitatconcept.fr/modeles-de-maisons/maison-individuelle-habitat-concept-39

Image issue du site : https://www.habitatconcept.fr/modeles-de-maisons/maison-individuelle-habitat-concept-39

Le rapport Libault[1] nous apprend « qu’environ 40 % des plus de 70 ans ont des revenus et un patrimoine financier leur permettant de faire face à une dépendance longue en EHPAD (6 ans) et que cette proportion dépasse 75 % si l’on intègre le patrimoine immobilier. »

Traduits en mots habituels, cela signifie que trois-quarts des personnes de plus de 70 ans en France peuvent régler la facture de leur EHPAD pendant 6 ans à condition de vendre leurs biens immobiliers.

Outre le fait que la dépendance a souvent le mauvais goût de durer davantage que 6 ans, il convient de rappeler le déchirement, le crève-cœur que représente la vente de sa maison, ce qui veut dire l’impossibilité de la léguer à sa famille.

Personnellement, je n’ai jamais vu un résident vendre de lui-même sa maison sans y être contraint.

A ce propos, GérontoLiberté a évoqué le caractère dévastateur de cette obligation :