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GérontoLiberté

Articles avec #aidants

Les familles doivent-elles tout savoir sur l’état de santé des seniors ?

23 Mai 2017, 05:01am

Publié par Louis Lacaze

Des auteurs américains ont interrogé 30 personnes de plus de 75 ans et 23 personnes proches de séniors de plus de 75 ans au cours d’une à dix séances de discussion pour définir le désir d’être informées des familles et le degré de partage de l’information accepté par les seniors.

Sept conclusions ont émergé de cette étude :

1 – Le partage de l’information implique des responsabilités ressenties différemment par les seniors et leurs familles.

2 – L’accès à l’information par les familles peut avoir des effets inattendus.

3 – Les seniors ne veulent pas se sentir « espionnés » par leurs proches.

4 – Les seniors désirent conserver leur pouvoir de décision le plus  longtemps possible.

5 – Ce pouvoir de décision pourra être  progressivement transféré aux familles en fonction de l’état de santé du senior.

6 – Ce transfert devra s’effectuer progressivement, de préférence en situation d’urgence, en veillant à respecter l’autonomie du senior.

7 – Il n’existe pas de marche à suivre standard, chaque cas est particulier.

Commentaires de Bernard Pradines

Au fur et à mesure que son état de santé se dégrade, la personne âgée peut être progressivement dépossédée de toute décision la concernant, en particulier dans le domaine de  la santé. Il s’agit d’un problème récurrent lors de l’accompagnement de ces patients. De manière générale, l’entourage est trop hâtif dans sa volonté de régenter la vie de son aîné au risque de lui retirer son autonomie de décision. Actuellement, le principe de l'anticipation semble faire des progrès en France par le biais de la personne de confiance, des directives anticipées, du mandat de protection future ou de l'habilitation familiale.

Sources :

Crotty BH, Walker J, Dierks M, Lipsitz L, O'Brien J, Fischer S, Slack WV,
Safran C. Information Sharing Preferences of Older Patients and Their Families. JAMA Intern Med. 2015 Sep;175(9):1492-7.

Habilitation familiale

19 Mai 2017, 05:30am

Publié par Bernard Pradines

Vous connaissiez :

  • La sauvegarde de justice
  • La curatelle
  • La tutelle
  • Le mandat de protection future

Connaissez-vous l’habilitation familiale ?

 L'habilitation familiale permet à un proche (descendant, ascendant, frère ou sœur, époux, partenaire de Pacs, concubin...) de solliciter l'autorisation du juge pour représenter une personne qui ne peut pas manifester sa volonté.

Voir :

La communication médicale avec les proches : à améliorer.

14 Avril 2017, 05:48am

Publié par Louis Lacaze Bernard Pradines

Un médecin consacre davantage de son temps à communiquer qu’à exercer son art. Avec un diplôme tout neuf, un jeune praticien doit s’en apercevoir au plus vite.

Certains, pris par le temps, peuvent demander : « mais pourquoi la famille veut me voir ? Je n’ai rien de particulier à lui dire ». Ils sont la minorité.

Personnellement, écrit Suneel Dhand, je veille toujours à pouvoir rencontrer la famille. Je lui téléphone quand je suis dans la chambre du patient en branchant le haut-parleur pour que tous puissent m’entendre et poser des questions.

Prenez la peine d’imaginer une personne hospitalisée. Sa famille n’a aucune connaissance médicale. Qui sera en mesure de l’informer, de la rassurer ? Ce sera le médecin. C’est ce moment précis qui restera gravé dans les mémoires. Ce contact ne vous éloignera que quelques minutes de votre ordinateur mais vous rappellera que vous soignez une personne, un être humain qui a un entourage qui l’aime et qui est inquiet.

Par conséquent, si une infirmière vous dit : « la famille aimerait vous parler », surtout considérez qu’il est de votre devoir d’accepter. Ce sera peut-être le moment le plus important de votre journée de travail.

Commentaire de Bernard Pradines :

Ce sujet est fort important. J’ai été moi-même confronté au refus de dialogue à propos de personnes de ma famille. Une nouvelle modalité de refus peut s’exprimer par un dialogue réservé à la personne de confiance. Ceci me semble inacceptable. Seul le refus du patient lui-même, pas toujours vérifié, devrait interdire la communication aux proches. Je ferai toutefois les commentaires suivants : il n’est pas toujours possible de répondre immédiatement à la sollicitation des familles. Mais il est toujours faisable de les rappeler à un moment convenu. J’ai été frappé, au cours de mon exercice en soins de longue durée par l’étonnement de certains proches devant mon appel. Au risque de paraitre prétentieux, je peux témoigner que ceci leur paraissait étonnamment rare de la part d’un médecin.

Source :

Dr Suneel Dhand