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GérontoLiberté

Aide à la fin de vie – 3 sur 3

27 Décembre 2019, 06:20am

Publié par Louis Lacaze   

Ne nous voilons pas la face, le sujet de la fin de vie est d’actualité. Les animateurs de Geripal, site internet américain, refusent le suicide assisté et l’euthanasie et permettent toutefois à un de leurs opposants de s’exprimer sur leur site.

 

L’objectif des publications est de déclencher un train de réflexion chez les lecteurs. Ici cette réflexion peut se situer à différents niveaux, personnels et plus généraux, parfois conflictuels.

Quelques pistes à suivre à partir des textes du podcast :

Je réclame la légalisation du suicide assisté mais suis-je prêt à être «volontaire» pour préparer et donner à un patient la préparation fatale ?

Je suis un élu. Dois-je suivre mes convictions personnelles, les avis de mes électeurs, les recommandations des lobbies ?

Je suis partisan de la recherche d’un compromis, je propose la légalisation du suicide assisté et de l’euthanasie accompagnée de clauses restrictives rendant le texte en fait inapplicable. Je bute sur l’écueil signalé par l’auteur : les personnes qui en auront les moyens financiers iront à l’étranger. L’égalité devant la mort disparaît.

 

La réflexion de chacun peut se nourrir de nombreuses publications, je ne rappellerai que celles du Dr Pradines diffusées sur GérontoLiberté :

Euthanasie dix arguments et dix contre-arguments

12 raisons de dire non à l'euthanasie et oui aux soins palliatifs.

Sources :

Aide à la fin de vie – 3 sur 3

Aide à la fin de vie – 2 sur 3

24 Décembre 2019, 06:07am

Publié par Louis Lacaze

Aide à la fin de vie – 2 sur 3
Aide à la fin de vie – 2 sur 3

 Le docteur Lew Cohen a été marqué par la forte personnalité des personnes qui ont choisi de se donner la mort ; il cite en particulier le Dr Sigmund Freud qui a demandé à son médecin traitant et ami de lui injecter une dose mortelle de morphine. Toutes ont voulu rester maîtres du cours de leur vie jusqu’au bout.

Il regrette qu’en Californie une seule catégorie de la population semble avoir recours au suicide assisté : les personnes d’un niveau d’éducation élevé et d’une certaine aisance financière, le prix de la dose mortelle étant de 6000$ (soit 5400€). Par ailleurs il est très difficile de trouver, du moins en Californie, deux médecins acceptant de vous accompagner tout au long du processus.

Le Dr Cohen ne fait pas l’impasse sur la complexité des problèmes sous-jacents. Pour que les soins palliatifs ne se retrouvent pas en concurrence avec la suicide assisté, une législation précise doit exister. Autoriser le suicide assisté lorsque la qualité de vie du patient est fortement altérée soulève de nombreuses interrogations; en effet la recherche a montré que la qualité de vie d’une personne handicapée, démente, peut être satisfaisante. Supposons qu’une jeune femme présentant des signes précoces de démence exige que, si son cas s’aggrave, elle puisse terminer sa vie. Supposons que plus tard elle se retrouve incapable de raisonner, ne reconnaissant plus personne, accueillie dans un établissement d’accueil, bien soignée, elle apparaisse apparemment heureuse. Supposons qu’elle retrouve un instant de lucidité. Il se peut qu’elle soit horrifiée par sa déchéance. Il se peut aussi qu’elle soit impressionnée par ses facultés d’adaptation et heureuse d’avoir conservé une certaine qualité de vie. Comment trancher ? L’application de directives anticipées reste donc particulièrement complexe.

Pour le Dr Cohen, modifier la législation pour codifier la possibilité d’un mort librement consentie exige une longue période de réflexion et doit refléter la volonté de la société présente. Qui aurait pu imaginer au début du siècle dernier le mariage homosexuel et l’homoparentalité ?

 

Commentaires de Bernard Pradines : oui, la personne confrontée à la fin de sa vie n'est pas toujours identique à celle qu'elle était en bonne santé. Et pas seulement la personne jeune évoquée  par mon confrère. Chacun·e a le droit de changer d'avis. Oui, les médecins pourront se trouver confrontés à ce genre de problème si les directives anticipées devaient être appliquées de manière automatique. Enfin, pour revenir au début du texte, il n'est pas étonnant que des personnes qui ont recours au suicide assisté bénéficient "d’un niveau d’éducation élevé et d’une certaine aisance financière". Ce ne sont pas seulement ces facteurs qui interviennent directement dans leur attitude. C'est leur position sociale antérieure fréquemment dominante qui leur interdit de se sentir dépendants d'autrui en situation de vulnérabilité.

 

Sources :

In this week's podcast we talk with Lew Cohen, MD, about his new book "A Dignified Ending: Taking Control Over How We Die."
Eric and I approached reading this book with trepidation.  We feared it would be a polemic defending physician aid in dying.  It is not.  Dr. Cohen does not hide his beliefs and opinions.  He also does not shy away from the complexity of the issue - he interviews leading disability rights activists and challenges leaders of the aid in dying movement.

Aide à la fin de vie – 1 sur 3

20 Décembre 2019, 06:04am

Publié par Louis Lacaze

Aide à la fin de vie – 1 sur 3
Aide à la fin de vie – 1 sur 3

Les internautes visiteurs réguliers de GérontoLiberté ont déjà eu l’occasion de lire de brefs résumés des entretiens enregistrés sur Skype par le Dr Widera et le Dr Smith avec leurs invités. Exceptionnellement ils ont invité un partisan du suicide assisté, le Dr Lew Cohen, professeur de psychiatrie et chercheur en gériatrie. Un premier article se propose d’exposer un exemple de suicide assisté, cité par Lew Cohen dans l’ouvrage cité.

Un second article exposera ses réflexions sur la complexité d’une prise de décision.

Un troisième article se propose d’inciter nos lecteurs à se livrer à une réflexion personnelle à partir de ces textes.

 

Atteinte d’un cancer en phase terminale, Cody Curtis, la cinquantaine, a choisi de vivre ses derniers instants dans une ambiance de fête de Noël. Entourée de sa famille, accompagnée de sa cancérologue, elle a voulu reprendre la tradition familiale de chanter en chœur tous les grands classiques du répertoire familial. Après un dernier Jingle Bells chanté à tue-tête il y eut un silence puis la mère de Cody rappela les moments joyeux de la naissance de sa fille. Quand elle eut terminé, tous pensèrent que le moment était venu. Le mari, les enfants embrassèrent Cody, tous étaient en larmes. Le volontaire a versé la drogue dans une boisson, elle a bu en souriant, ses derniers mots furent : « c’est si facile. Je veux que tout le monde sache à quel point c’est facile ». Une demi-heure plus tard elle perdait conscience, puis s’endormait. A la fin, l’oncologue qui était restée à son côté annonça à la famille que tout était terminé. Le lendemain, l’entreprise de pompes funèbres enleva le corps, transmit pour signature à la cancérologue les documents réglementaires. Cause de la mort : naturelle.

 

Commentaire de Bernard Pradines : je demeure pour ma  part attaché à l’éthique médicale  réaffirmée dans ce domaine dans la déclaration de Tbilissi de l’AMM (déjà publiée sur GérontoLiberté ; voir ci-dessous ). A noter que la situation décrite ci-dessus se déroule en présence d'un médecin. Toutefois, il n'est pas dit, bien que probable, si le médecin a contribué à " mettre fin volontairement à ses jours en lui prescrivant ou en lui fournissant des substances médicales afin de causer son décès. "

Enfin, les termes "aide à la fin de vie " peuvent être questionnés. Aider un patient en fin de vie, est-ce hâter sa mort ?

 

Sources :

In this week's podcast we talk with Lew Cohen, MD, about his new book "A Dignified Ending: Taking Control Over How We Die."
Eric and I approached reading this book with trepidation.  We feared it would be a polemic defending physician aid in dying.  It is not.  Dr. Cohen does not hide his beliefs and opinions.  He also does not shy away from the complexity of the issue - he interviews leading disability rights activists and challenges leaders of the aid in dying movement.