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GérontoLiberté

Articles avec #depression

Je viens de perdre un ami, je suis désespéré

19 Janvier 2016, 06:15am

Publié par Louis Lacaze dit Papi

Avec l'aimable autorisation de l'artiste : Colette.

Avec l'aimable autorisation de l'artiste : Colette.

Ce texte est une traduction libre de la réponse sur un blog inconnu d’un internaute américain  anonyme visant à réconforter un autre inconnu désespéré à la suite de la perte d’un ami proche.

Je suis vieux, ce qui signifie que je suis toujours là alors que beaucoup de personnes j’ai connues et aimées ont disparu. J’ai perdu de très bons amis ; de simples connaissances, des collègues de travail, des enseignants, des élèves, des voisins. Je n’ai pas d’enfant et ne peux me représenter ce que doit être la douleur d’en perdre un. Je vais tout de même me risquer à écrire quelques phrases.

J’aimerais pouvoir te dire qu’on s’habitue à voir les gens mourir. Mais je ne me suis jamais habitué. C’est toujours pour moi un déchirement de voir quelqu’un que j’aime partir. Mais je ne veux pas que leur départ soit sans importance, un bref épisode dans une vie. Mes cicatrices sont le témoignage de l’amour, de la qualité de la relation que j’avais avec cette personne. Et si la cicatrice est profonde, c’est  qu’il en était de même pour la qualité de nos rapports.

Les cicatrices sont un témoignage qui prouve que suis capable de m’attacher, de vivre intensément, d’être déchiré, même broyé et que je peux cicatriser, continuer à vivre et à aimer. La cicatrice est plus solide que le tissu d’origine. La contempler n’est pénible que pour ceux qui ne savent pas voir.

Tu t’apercevras que le chagrin arrive par vagues. Quand le navire coule, que tout ce qui flotte autour te rappelle la beauté de ce qui a disparu, tout ce que tu peux faire c’est t’accrocher à une épave pour rester à la surface. Plus tard, après des semaines, des mois, tu t’apercevras que, si les vagues ont toujours trente mètres de haut, elles sont plus espacées. Elles te heurtent toujours de plein fouet et te renversent, mais tu peux respirer dans l’intervalle, tu peux vivre. Tu ne sais jamais quand la vague va arriver. Une chanson, une tasse de café, un carrefour en ville et la vague arrive. Mais, entre les vagues, tu vis.

Un jour tu t’apercevras que les vagues ne font plus que vingt mètres, dix mètres. Qu’elles sont moins fréquentes. Un anniversaire, Noël, un voyage. Tu les verras souvent venir et tu pourras te préparer. Elles vont t’inonder mais tu sauras que, trempé, toujours accroché à ton morceau d’épave, tu en réchapperas.

Crois-moi, les vagues ne cesseront jamais d’arriver, d’ailleurs au fond de toi, tu ne le souhaites pas. Tu apprends à survivre. D’autres vagues viendront et tu survivras.

Si tu as de la chance, ta vie sera marquée par beaucoup de cicatrices laissées par tous les disparus que tu as aimés. Et par beaucoup de naufrages.

Pourquoi souffrir en silence ?

28 Novembre 2014, 09:33am

Publié par Papi

Alors que les gériatres considèrent que la douleur n’accompagne pas automatiquement la vieillesse et qu’elle doit être traitée, de nombreuses personnes âgées souffrent en silence au lieu d’en parler à leur médecin. On peut les entendre dire : « si vous n’avez mal nulle part c’est que vous êtes mort ».

Comment expliquer ce silence ? Ces personnes pensent que la douleur et la perte de motricité sont une conséquence naturelle du vieillissement, qu’il n’existe aucun médicament efficace. Elles ne veulent pas allonger la liste des médicaments déjà prescrits. Elles ont peur de ne pas pouvoir lire les notices. Elles ne veulent plus subir de nouveaux examens.

Le cas des personnes démentes est complexe : la souffrance peut ne pas être exprimée verbalement mais se manifestera au travers de changements du comportement : agressivité, tristesse, passivité.

Pourquoi souffrir en silence ?

Une douleur non traitée est handicapante. La personne fera moins d’exercice, déprimera,  aura des problèmes de sommeil, perdra l’appétit, se coupera de la société. Son espérance de vie pourra être diminuée.

Après la consultation du médecin,  la vigilance reste obligatoire : trop souvent le patient ne va pas se conformer à  l’ordonnance, pensant que « ça finira bien par passer». Ou bien il va interrompre le traitement prématurément dès les premiers signes d’amélioration alors qu’il doit être poursuivi.

Il est donc important pour un aidant de ne pas négliger les plaintes éventuelles d’un senior et de veiller à ce que son ou ses médecins traitants en soient informés.

Sources : 

Article de Jane E. Brody dans le New York Times

http://well.blogs.nytimes.com/2014/03/03/the-perils-of-toughing-it-out/?_php=true&_type=blogs&emc=edit_tnt_20140303&tntemail0=y&_r=0

 

Pain in Older Adults, Chronic Pain CME Information par Bruce A. Ferrell, MD, Perry G. Fine, MD, respectivement professeurs de gériatrie et d’anesthésiologie. Pour professionnels.

http://www.primaryissues.org/2010/09/strategies-for-success-pharmacologic-management-of-persistent-pain-in-the-older-adult-pi135/

Âge, handicap et solitude

17 Juin 2014, 07:10am

Publié par Bernard Pradines

Âge, handicap et solitude

Les résultats d’une étude initiée par IMS Health donnent les résultats suivants si l’on en croit « Les Echos » du 19 mars 2014 :

« La vieillesse est le principal «facteur favorable à l’apparition de la dépression», souligne l’étude. Mais ce n’est pas le seul. La solitude joue aussi un rôle important - plus le taux de célibataires est élevé, plus la région est touchée -, de même que le handicap, et aussi le fait de ne pas avoir d’enfants. »

Notons toutefois que cette étude, non accessible sur Medline, a été réalisée à partir de la consommation d’antidépresseurs. Or, on sait que dépression et consommation d’antidépresseurs ne sont pas superposables. Autrement dit, tous les patients déprimés ne consomment pas d’antidépresseur, loin de là. De même, tous les patients sous antidépresseurs ne sont pas traités pour dépression (par exemple pour anxiété ou douleur neuropathique) ou bien la prescription a été rédigée à tort pour dépression.

Par ailleurs, les auteurs se contentent de constater que les régions de France les plus touchées, dont le Limousin, sont celles dont la population âgée est la plus nombreuse. Ceci est un indice, mais non une preuve d’une réelle corrélation dite positive entre antidépresseurs et âge, encore moins d’une telle corrélation entre dépression et âge. Par exemple, on peut imaginer que la dépression est mieux prise en charge en Limousin par des antidépresseurs, ce qui ne serait pas surprenant du fait de la présence d'un centre universitaire réputé en Psychogériatrie.

Ces considérations n’enlèvent pas l'intérêt de considérer la vieillesse, la dépendance et la solitude comme des facteurs potentiels de dépression.

Source : http://www.lesechos.fr/economie-politique/france/actu/0203383067576-le-limousin-region-la-plus-deprimee-de-france-658223.php