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GérontoLiberté

Articles avec #exercice physique

Exercice physique obligatoire à l’hôpital ?

28 Février 2020, 06:20am

Publié par Louis Lacaze

Exercice physique obligatoire à l’hôpital ?

Il est regrettable que plus de la moitié des seniors hospitalisés n’aient pas retrouvé toutes leurs capacités fonctionnelles un an après leur sortie de l’hôpital. Un malade qui passe l’essentiel de son temps alité se retrouve certes à l’abri d’éventuelles chutes mais il y a un prix à payer : par exemple la perte de musculature  et l’augmentation du déclin cognitif.

 

Une étude espagnole a recherché si la pratique d’exercice physique pouvait s’accompagner d’effets positifs. 370 patients âgés de 75 à 101 ans ont été répartis entre un groupe témoin qui recevait des soins classiques et un groupe qui pendant une semaine a suivi deux séances par jour d’une durée de vingt minutes associant des exercices de musculation, d’équilibre et d’endurance à la marche.

 

Une fois le séjour à l’hôpital terminé, des différences significatives ont été notées entre les deux groupes dans leurs capacités physiques, cognitives et la présence de signes de dépression.

L’hospitalisation a conduit à une altération des capacités fonctionnelles dans le groupe témoin. La mesure de cette altération a été effectuée à l’aide de deux outils : l’index de Barthel[1] et l’échelle SPPB[2]. Le groupe bénéficiant de l’intervention connaissait une tendance inverse.

 

Les auteurs pensent que si une pratique raisonnée d’exercice physique à l’hôpital ne doit pas laisser espérer un allongement de leur durée de vie elle s’accompagne toutefois d’effets positifs susceptibles d’améliorer notablement la qualité de vie des seniors.

 

Commentaires de Bernard Pradines : cette étude a été menée en simple aveugle dans un seul centre. Elle a toutefois le mérite de pointer une fois de plus les risques liés à la désadaptation lors des hospitalisations. Elle renforce la nécessité d’un accompagnement soignant compétent plus nombreux dans ces temps de crise des disponibilités humaines.

Géroscience, un mot bien mystérieux.

7 Février 2020, 06:14am

Publié par Louis Lacaze

Géroscience, un mot bien mystérieux.

Le Dr Widera et le Dr Smith ont proposé au Dr John Newman, chercheur en géroscience, de participer à un entretien pour exposer en quoi consiste son travail.

 

Le mot géroscience a été créé pour identifier une discipline récente cherchant non pas à soigner les pathologies qui accompagnent régulièrement la vieillesse mais à découvrir un facteur qui serait leur racine générale. S’attaquer à ce facteur commun conduirait à une prévention généralisée des multiples pathologies qui accompagnent l’avancée en âge.

 

La vieillesse n’est pas une maladie mais une évolution naturelle. Les maladies qui l’accompagnent n’en sont pas la conséquence, des modifications d’ordre biologique en sont la cause. La recherche progresse régulièrement dans le domaine de l’activité cellulaire. La durée de vie de souris peut être multipliée par deux, celle de vers par quatre, le bilan sanitaire de primates amélioré. Il s’agit parfois de simplement modifier un gène ou deux. Le rôle joué par l’insuline retient l’attention des chercheurs. Couramment étudié chez les vers il est retrouvé dans une étude portant sur des centenaires et des personnes très âgées en bonne santé où l’hérédité semble avoir bien moins de poids que le rôle joué par l’insuline dans la réparation des protéines et de l’ADN.

 

Les chercheurs sont catégoriques : ils ne cherchent pas à guérir la vieillesse. Il n’est pas possible de l’éloigner, de la faire disparaître mais on peut ralentir ou réduire ses impacts négatifs, traiter les mécanismes qui l’accompagnent, les polypathologies, la fragilité, les problèmes d’audition, de vision. Le but premier n’est pas de prolonger au maximum la durée de la vie. Toutefois s’il est possible de maintenir dans le temps un bon état de santé, cette prolongation peut logiquement s’envisager.

 

 L’importance des mesures de prévention classiques est soulignée avec le rappel des recommandations classiques dont  l’exercice physique et les activités intellectuelles. L’accent est mis sur l’alimentation et son importance démontrée : des cellules trop  nourries cherchent à se reproduire – avec des ratés possibles - alors que dans un environnement moins favorable elles cherchent seulement à survivre et pour cela elles se réparent. Ainsi, le jeûne et ses vertus, connu depuis des millénaires, se retrouve placé au premier plan de la recherche en biologie.

 

Commentaires de Bernard Pradines : le vieillissement est-il une maladie ? Non, répondent en chœur les  biologistes et de nombreux chercheurs en sciences humaines. Il s’agit plutôt du sort réservé à tout être vivant, animal ou végétal. Pourtant, il s’accompagne chez les humains d’une augmentation spectaculaire de la prévalence et du nombre des maladies chroniques.  Cette situation favorise la dépendance qui représente le principal souci de nos sociétés contemporaines. John Newmann explore donc une voie difficile : quels sont les facteurs qui, dans le vieillissement, favorisent l’éclosion de maladies telles que  les cancers, les affections cardiovasculaires,  la maladie d’Alzheimer ou le diabète sucré. Son hypothèse est pourtant encore plus ambitieuse : il pourrait exister un facteur commun inconnu à la base, à la racine, de la susceptibilité aux pathologies du grand âge. Cette théorie est intéressante mais il me semble que nous ne pouvons pas écarter une multiplicité de facteurs génétiques  et environnementaux. A suivre … 

A signaler aussi une discussion surprenante pour des Européens. Elle a lieu entre les protagonistes invoquant le problème éthique posé par la difficulté de chercher à faire vivre les personnes âgées plus longtemps dans  un  contexte d’expansion démographique et de réchauffement climatique. Ce qui est ainsi nommé « éthique » serait qualifié ici de « politique ».

Combien d’heures consacrer à des activités physiques pour rester en forme ?

4 Février 2020, 06:28am

Publié par Louis Lacaze

Combien d’heures consacrer à des activités physiques pour rester en forme ?
Combien d’heures consacrer à des activités physiques pour rester en forme ?

S’appuyant sur de nombreux travaux, l’Organisation Mondiale de la Santé affirme que, pour conserver une bonne forme physique et consolider leur espérance de vie, les seniors doivent impérativement se livrer à 2 h 30 d’exercice physique de moyenne intensité par semaine : (indice MET 7,5 (MET heure/semaine). Certains pourraient juger cette recommandation trop exigeante et hésiter à franchir le pas. Les conclusions d’une étude récente pourraient raviver leur motivation.

 

Les auteurs ont cherché à savoir si la recommandation correspondait à une durée minimum ou optimale pour apporter un maximum de bénéfices. Ils ont suivi 661 137 sujets d’une moyenne d’âge de 62 ans pendant un temps moyen de 14 ans et enregistré 116 686 décès. 

 

L’effectif a été divisé en plusieurs groupes selon leur degré d’activité physique et les effets sur les risques de mortalité ont pu être mesurés. Le groupe de ceux qui ne pratiquaient aucune activité physique d’entretien a servi de référence. Ceux qui pratiquaient une ou des activités d’endurance d’intensité modérée mais n’atteignaient pas le niveau des recommandations diminuaient toutefois leur risque de mortalité de 20%. Le groupe qui respectait les recommandations et pouvait les multiplier jusqu’à 2 baissait son risque de 31%.   L'objectif idéal pour les bienfaits de l'exercice, se situe parmi ceux qui ont triplé le niveau d'exercice recommandé, s'entraînant modérément, principalement en marchant, pendant 450 minutes par semaine, ou un peu plus d'une heure par jour. Ces personnes étaient 39% moins susceptibles de mourir prématurément que les personnes qui ne faisaient jamais d'exercice. Multiplier les recommandations par 10 et atteignaient un indice de 75 MET h/s n'apportait aucun bénéfice supplémentaire en termes de mortalité.

 

Une   deuxième étude réalisée en Australie portant sur 204 542 âgés de 45 à 75 ans aboutit à des conclusions d’ensemble identiques et propose les mêmes recommandations : pour bénéficier d’un maximum d’espérance de vie, la quantité d’exercice recommandée doit être multipliée de 2 à 3 fois.

 

Les deux études reconnaissent qu’un gros effort reste à faire pour convaincre les populations de la nécessité de pratiquer une activité physique. Elles apportent une justification supplémentaire aux directives de l’OMS clairement motivées : les seniors doivent sérieusement pratiquer une activité physique d’entretien « afin d'améliorer leur endurance cardiorespiratoire, leur état musculaire et osseux, et de réduire le risque de maladies non transmissibles, de dépression et de détérioration de la fonction cognitive »

 

Pour y voir plus clair :

Le MET (Metabolic Equivalent of Task) mesure la dépense énergétique liée à une activité donnée. 1 Met/minute correspond à l’énergie dépensée par une personne assise en repos total, et correspond à une consommation de 3,5 millilitres d’oxygène par kg de la personne pendant une minute ou de 1 calorie par kg à la minute.  Une personne de 80 kg n’aura donc pas le même MET qu’une personne de 50 kg.

Si vous dépensez 5 MET vous dépenserez 5 fois plus d’énergie que si vous n’en dépensez qu’un.

Si vous dépensez 5 MET/heure vous dépenserez 60 fois plus d’énergie qu’avec une dépense de 5 MET/minute.

 

Quelques équivalences :

Si je marche 1 heure à 4 km/h je dépenserai 2,9 MET/h, 3,6 MET/h à 6 km/h, 8 MET/h pour une petite course (jogging) à 8 km/h de 1 heure.

 

Commentaires de Bernard Pradines : il est intéressant de constater le peu de bénéfice de l'exercice physique en termes de mortalité au-delà d'une activité "idéale". Dès lors, chacun peut voir où doit se porter l'effort : avant tout chez les personnes sans aucune activité physique. Chez les seniors français, ils seraient 63 % concernés.

 

Sources :

L'étude citée ci-dessus :

Et aussi :

Et pour comprendre l’indice MET et composer son menu en conséquence :