Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

GérontoLiberté

Articles avec #alimentation

Abus de confiance en « assurance dépendance » ou « perte d’autonomie »

11 Août 2020, 05:40am

Publié par R.  

Image issue du site : https://detective-rif.com/service/escroquerie-assurance/

Image issue du site : https://detective-rif.com/service/escroquerie-assurance/

Je rencontre une femme très âgée, madame C., malvoyante depuis plus de 20 ans. Elle avait un compagnon, devenu malade et dépendant. En 2006, au décès de cet homme, madame C. a souhaité contracter une assurance au cas où elle finirait sa vie dans les mêmes conditions.
 
En France, le handicap visuel est très mal pris en compte par l'Allocation Personnalisée à l'Autonomie (A.P.A.) qui néglige ce handicap : Mme C., presqu'aveugle, n'a droit à aucun soutien financier de la part du Conseil Départemental après la visite de l’évaluateur lors de l'attribution en vue de l'A.P.A. Elle nécessite pourtant une aide à la vie quotidienne pour son ménage et ses repas. Il serait même prudent qu'elle soit accompagnée lors de ses sorties, mais elle est très volontaire et indépendante. Elle se débrouille seule.
Elle n'est catégorisée que GIR 3 qui est une dépendance dite "partielle".
 
Lisant son contrat qu'elle n'a pas pu lire ni compléter pour choisir son niveau de prime d'assurance, je découvre que sa couverture ne prévoit de "prime" ou d’aide mensuelle qu'à compter d’une dépendance dite « totale », soit GIR 1 ou 2.
Je constate aussi qu'elle a versé à l'assureur, depuis 2006, soit durant 13 ans, une somme colossale de plus de dix mille euros !
De plus, ce contrat fonctionne avec une augmentation annuelle et un renouvellement en "tacite reconduction" jusqu'au décès de la personne ! En une dizaine d'années, les cotisations ont plus que doublé !
 
Ainsi, un abus de confiance caractérisé chez cette femme malvoyante et en état de choc émotionnel me semble avoir été mis en œuvre en 2006.
 
En conclusion si l'on vous propose une telle assurance, lisez attentivement toutes les rubriques du contrat ! La plupart de ces assurances sont très chères et peu pertinentes : la notion de dépendance "partielle" et "totale" est très importante à comprendre.

Veiller aux besoins d’assistance des seniors

4 Août 2020, 05:34am

Publié par Louis Lacaze

Veiller aux besoins d’assistance des seniors

Rien n’indique que la pandémie du Covid-19 soit derrière nous. Continuons à nous préparer à l’éventualité d’un nouveau confinement sans négliger les conséquences du précédent.

 

L’isolement présente de nombreux problèmes pour les séniors fragiles atteints de polypathologies chroniques. Ils ont du mal à s’adapter aux contraintes qui viennent altérer le rythme de leur vie quotidienne. La solitude et la dépression qui les guettent ne représente que la partie émergée de l’iceberg. Par exemple, le changement de nourriture imposé par les contraintes du confinement peut entrainer des complications cardiaques. Le manque d’exercice physique a pour conséquence une baisse des capacités de déplacement qui peut conduire à des chutes. Les personnes les plus âgées, fragiles, présentant des déficits cognitifs, auront moins de réserves si leur homéostasie est menacée.  Si leur état de santé s’aggrave, elles seront désorientées par les nouvelles procédures de consultation et s’abstiendront, fatalistes, de rencontrer leur médecin.

 

Diverses organisations en particulier les CCAS doivent coordonner leurs efforts pour identifier et ensuite aider les personnes à risque, contacter un membre de la famille, un voisin, un ami pour les suivre. Comment se procurent-elles de la nourriture ? Peuvent-elles la préparer ? Portent-elles leur appareil auditif ? Si elles utilisent un ordinateur qui peut les initier à Skype ? L’isolation sociale provoque des dégâts considérables sur les fonctions mentales aussi bien que physiques. Nous devons garder à l’esprit que dans les circonstances actuelles la population âgée est particulièrement vulnérable. La société doit se préparer à relever le défi auquel les seniors peuvent être à nouveau confrontés.

 

Source :

Steinman MA, Perry L, Perissinotto CM. Meeting the Care Needs of Older Adults Isolated at Home During the COVID-19 Pandemic [published online ahead of print, 2020 Apr 16]. JAMA Intern Med. 2020;10.1001/jamainternmed.2020.1661. doi:10.1001/jamainternmed.2020.1661

Géroscience, un mot bien mystérieux.

7 Février 2020, 06:14am

Publié par Louis Lacaze

Géroscience, un mot bien mystérieux.

Le Dr Widera et le Dr Smith ont proposé au Dr John Newman, chercheur en géroscience, de participer à un entretien pour exposer en quoi consiste son travail.

 

Le mot géroscience a été créé pour identifier une discipline récente cherchant non pas à soigner les pathologies qui accompagnent régulièrement la vieillesse mais à découvrir un facteur qui serait leur racine générale. S’attaquer à ce facteur commun conduirait à une prévention généralisée des multiples pathologies qui accompagnent l’avancée en âge.

 

La vieillesse n’est pas une maladie mais une évolution naturelle. Les maladies qui l’accompagnent n’en sont pas la conséquence, des modifications d’ordre biologique en sont la cause. La recherche progresse régulièrement dans le domaine de l’activité cellulaire. La durée de vie de souris peut être multipliée par deux, celle de vers par quatre, le bilan sanitaire de primates amélioré. Il s’agit parfois de simplement modifier un gène ou deux. Le rôle joué par l’insuline retient l’attention des chercheurs. Couramment étudié chez les vers il est retrouvé dans une étude portant sur des centenaires et des personnes très âgées en bonne santé où l’hérédité semble avoir bien moins de poids que le rôle joué par l’insuline dans la réparation des protéines et de l’ADN.

 

Les chercheurs sont catégoriques : ils ne cherchent pas à guérir la vieillesse. Il n’est pas possible de l’éloigner, de la faire disparaître mais on peut ralentir ou réduire ses impacts négatifs, traiter les mécanismes qui l’accompagnent, les polypathologies, la fragilité, les problèmes d’audition, de vision. Le but premier n’est pas de prolonger au maximum la durée de la vie. Toutefois s’il est possible de maintenir dans le temps un bon état de santé, cette prolongation peut logiquement s’envisager.

 

 L’importance des mesures de prévention classiques est soulignée avec le rappel des recommandations classiques dont  l’exercice physique et les activités intellectuelles. L’accent est mis sur l’alimentation et son importance démontrée : des cellules trop  nourries cherchent à se reproduire – avec des ratés possibles - alors que dans un environnement moins favorable elles cherchent seulement à survivre et pour cela elles se réparent. Ainsi, le jeûne et ses vertus, connu depuis des millénaires, se retrouve placé au premier plan de la recherche en biologie.

 

Commentaires de Bernard Pradines : le vieillissement est-il une maladie ? Non, répondent en chœur les  biologistes et de nombreux chercheurs en sciences humaines. Il s’agit plutôt du sort réservé à tout être vivant, animal ou végétal. Pourtant, il s’accompagne chez les humains d’une augmentation spectaculaire de la prévalence et du nombre des maladies chroniques.  Cette situation favorise la dépendance qui représente le principal souci de nos sociétés contemporaines. John Newmann explore donc une voie difficile : quels sont les facteurs qui, dans le vieillissement, favorisent l’éclosion de maladies telles que  les cancers, les affections cardiovasculaires,  la maladie d’Alzheimer ou le diabète sucré. Son hypothèse est pourtant encore plus ambitieuse : il pourrait exister un facteur commun inconnu à la base, à la racine, de la susceptibilité aux pathologies du grand âge. Cette théorie est intéressante mais il me semble que nous ne pouvons pas écarter une multiplicité de facteurs génétiques  et environnementaux. A suivre … 

A signaler aussi une discussion surprenante pour des Européens. Elle a lieu entre les protagonistes invoquant le problème éthique posé par la difficulté de chercher à faire vivre les personnes âgées plus longtemps dans  un  contexte d’expansion démographique et de réchauffement climatique. Ce qui est ainsi nommé « éthique » serait qualifié ici de « politique ».