Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

GérontoLiberté

Articles avec #sld

Un équilibre sociétal insatisfaisant : la honte

21 Avril 2017, 05:12am

Publié par Bernard Pradines

Image issue du blog : http://www.psy-luxeuil.fr/article-la-honte-selon-la-psychanalyse-115156522.html

Image issue du blog : http://www.psy-luxeuil.fr/article-la-honte-selon-la-psychanalyse-115156522.html

La situation des personnes âgées dépendantes et malades est le résultat de plusieurs impératifs qui agitent notre société. En mathématiques, on parle de « vecteur résultant ».

Les familles sont désormais souvent dispersées. La mission ancestrale qui consistait à vivre et à accompagner ses parents dans un domicile commun s’est éloignée.

Chacun est contraint par son travail dont on pensait qu’il serait libérateur.

Qu’on le reconnaisse ou non, en établissement, les nécessités alléguées d’économies de personnel entrent en conflit avec les recommandations de bonne pratique. Quelques exemples : l’histoire de vie est trop vite esquissée, la toilette et les repas sont effectués trop rapidement, le repas du soir est servi trop tôt, le lit est trop souvent imposé chez des personnes qui souhaiteraient et pourraient rester assises ou même debout. Il est encore souvent refusé pour la sieste car nécessitant un nouveau lever après celle-ci. Des tranquillisants et des somnifères sont utilisés, censés calmer et même faire dormir des personnes qui se trouvent alitées pendant plus de douze heures alors que leurs besoins de sommeil ne dépassent guère cinq heures pour la plupart d’entre elles.

Il me fallut du temps pour comprendre et admettre cette évidence : les responsables administratifs de mon établissement ne parvenaient pas à nous écouter car ils n’avaient pas les moyens de modifier une situation qui leur faisait honte.

La politique de l’autruche

3 Janvier 2017, 08:30am

Publié par Bernard Pradines

La politique de l’autruche

Confrontée à la culpabilité immense du placement des personnes âgées, notre société, nous tous, sommes parfois amenés à nier la réalité pour nous en protéger.

Ainsi, j’ai constaté des choses étranges au cours de ma carrière.

Cas rares mais significatifs : tel membre d’une famille refusa de me rencontrer car estimant qu’il n’avait rien à me dire après l’entrée de son parent dans l’établissement. Tel autre s'en abstint sans justification. Tel autre oubliait systématiquement le rendez-vous.

Il s'agit de situations pourtant incompréhensibles au vu des nombreux renseignements nécessaires pour soigner et accompagner les résidents dès leur entrée. Le pompon revient certainement à une DRH sempiternellement invisible auprès des personnes âgées, qui ne voulait rien entendre des difficultés susceptibles d’occasionner des maltraitances. Toutefois, une enquête menée dans l’établissement ne laissait aucun doute quant aux risques bien connus et universels d’attitudes inconvenantes envers les résidents. J’en compris la raison lorsqu’elle me déclara au téléphone, in fine avec une voix sanglotante, que son père venait de décéder dans un lointain service de soins de longue durée comparable au nôtre. Imaginer une seule seconde que son père eût pu être maltraité lui était insupportable.

Ainsi, le gériatre se retrouvera en position de remettre en question des mécanismes de défense fort puissants qui visent à se protéger contre une réalité trop cruelle.

Source :