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GérontoLiberté

Articles avec #medicaments

Date d’expiration des médicaments antalgiques : le gaspillage ?

16 Août 2016, 05:20am

Publié par Bernard Pradines

Date d’expiration des médicaments antalgiques : le gaspillage ?

 

Si l’on croit Cantrell (Cantrell et al, 2012), la stabilité de médicaments périmés depuis longtemps (28 à 40 ans) serait maintenue, au moins pour 12 des 14 substances étudiées par ces auteurs.

Dans l’étude publiée en 2012, les deux substances retrouvées à des quantités moindres étaient l’aspirine et une amphétamine. Le doute subsiste pour la phénacétine avec des résultats différents entre deux échantillons. Par contre, parmi les autres substances demeurées stables figurent le paracétamol et la codéine. Or, la date limite d’expiration du paracétamol en France est de l’ordre de trois ans, sachant que cette limite est fixée par le fabricant lui-même.

Bien sûr, des questions se posent : les médicaments utilisés aux USA ne sont pas les mêmes en France. La stabilité des substances actives semble meilleure pour les présentations solides que pour les présentations liquides. Les conditions de conservation jouent aussi un grand rôle. Les contrôles de la production ainsi que les méthodes analytiques ont évolué depuis la fabrication des substances étudiées. Enfin, trois substances ont été retrouvées dans des quantités supérieures à l’affichage initial.

En conclusion, des études de validité, indépendantes, devraient être entreprises pour limiter l’énorme gâchis de médicaments inutilisés et parfois éliminés dans des conditions coupables pour l’environnement. C’est pourquoi je communique ces remarques à l’agence française du médicament (ANSM).

Source :

Cantrell L, Suchard JR, Wu A, Gerona RR. Stability of active ingredients in long-expired prescription medications. Arch Intern Med. 2012 Nov

26;172(21):1685-7.

Texte complet en ligne ci-dessous :

Etes-vous dépendant(e) aux benzodiazépines ?

5 Août 2016, 05:02am

Publié par Bernard Pradines

 

Les benzodiazépines  sont des médicaments très utilisés  en France pour traiter l’anxiété et l’insomnie. Ils sont parfois accusés d’être prescrits isolément contre  la dépression, ce qui n’est pas leur indication. Enfin, ils sont susceptibles d’entrainer une dépendance, surtout lors de leur utilisation au long cours.

Faites le test :

 

Le mieux est parfois l’ennemi du bien

12 Juillet 2016, 05:28am

Publié par Louis Lacaze et Bernard Pradines

Le mieux est parfois l’ennemi du bien

Diabète sucré (chiffre durablement et anormalement élevé du glucose sanguin) et hypertension artérielle (chiffres anormalement élevés de la pression artérielle) sont des facteurs de risque vasculaire bien connus dont la fréquence (prévalence et incidence) augmente avec l’âge.

Chacune de ces pathologies requiert un traitement. Ainsi, il est intéressant de savoir si les traitements de ces deux affections ne peuvent pas à leur tour être dangereux chez les personnes âgées. En effet, il est fréquent que les substances médicamenteuses incriminées dépassent leur objectif en faisant courir les risques redoutables respectifs l’hypoglycémie et de l’hypotension.

Une étude menée par une équipe de Michigan (USA) tente de répondre à cette question. Les résultats sont publiés par Sussman (Sussman et al, 2015) portant sur 211 667 patients diabétiques âgés de plus de 70 ans recevant un traitement actif [1] au cours de l’année 2012. Une pression artérielle [2] « très basse » était définie par des chiffres inférieurs à 120/62 mm Hg. La pression artérielle était qualifiée de « modérément basse » si la systolique [3] était comprise entre 120 et 129 mm Hg et la diastolique inférieure à 65 mm Hg.

Pour le glucose, les auteurs ont décidé que le taux d’hémoglobine glyquée (HbA1c) [4] devait être considéré comme « très bas » pour des valeurs inférieures à 6 %. Il était qualifié de modérément bas pour des valeurs de 6 % à 6,4 %.

Les résultats révèlent que plus de la moitié des participants présentaient des niveaux « modérément bas » ou « très bas » de la pression artérielle.

Un peu plus de 20 % des patients traités pour diabète présentaient des taux anormalement bas d’HbA1c (inférieurs à 6,5 %).

Seulement 18,8 % de ceux qui avaient une tension « très basse » (moins de 120/65 mm Hg) avaient vu leur traitement antihypertenseur réduit.

Côté diabète, 27% seulement parmi ceux qui avaient un taux d’hémoglobine glyquée très bas (HbA1c < 6%) avaient vu apporter une réduction à leur traitement antidiabétique.

Source :

Sussman JB, Kerr EA, Saini SD, Holleman RG, Klamerus ML, Min LC, Vijan S, Hofer TP. Rates of Deintensification of Blood Pressure and Glycemic Medication Treatment Based on Levels of Control and Life Expectancy in Older Patients With Diabetes Mellitus. JAMA Intern Med. 2015 Dec 1;175(12):1942-9.


[1] Précision pour les professionnels de la santé : les traitements actifs considérés ici excluent les IEC et les ARA2 ainsi que la metformine

[2] Pression artérielle : dans le grand public, on parle de « tension artérielle »

[3] On parle de systolique pour le chiffre le plus haut parmi les deux qui sont habituellement rapportés. Le chiffre de la diastolique est le plus bas. Par exemple, si la pression artérielle est de 130/80 mm Hg, la systolique est égale à 130 mm Hg et la diastolique à 80 mm Hg.

[4] L’hémoglobine glyquée (HbA1c) permet d'évaluer l’équilibre glycémique sur une plus longue période (environ 2 à 3 mois) que la seule glycémie qui est un examen reflétant l’état instantané de la glycémie sanguine. L’HbA1c représente la fraction d’hémoglobine liée au glucose ; c’est pourquoi elle est exprimée en pourcentage.